Announcement

Collapse
No announcement yet.

Syrie : deux femmes face au régime

Collapse
X
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • Syrie : deux femmes face au régime

    MONDE Hier à 0h00 (Mis à jour à 19:42)

    Syrie : deux femmes face au régime

    PORTRAITSuheir Atassi et Razan Zaitouneh animent dans la clandestinité deux des principaux réseaux actifs dans le pays.

    136 commentaires
    PAR HALA KODMANI


    Un tank patrouille dans la ville de Hama, en Syrie. (Reuters)


    A peine confie-t-elle sur Facebook, ce matin d’août, qu’elle rêve de sortir de sa planque pour «voir sa mère et serrer son fils dans ses bras», que des dizaines de ses «amis» se précipitent sur la page de Suheir Atassi pour lui écrire «Sois patiente notre héroïne !» et lui promettre que «la liberté est proche». Traquée depuis sa libération sous caution en avril, l’opposante acharnée à ce qu’elle appelle «la Républicarchie Al-Assad» n’est pourtant pas loin de sa famille, comme elle le confirme en répondant à nos questions par mail. «Mais, désormais, je suis menacée de mort, et pas seulement de prison, il ne faut pas que mes plus proches sachent où je suis pour ne pas être poursuivis», explique-t-elle. Et pour cause, le mari et le beau-frère de l’avocate Razan Zaitouneh, l’autre icône de la contestation syrienne, ont eux été arrêtés en mai, et leur sort inspire «une profonde préoccupation» à l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, qui affirme «qu’ils sont détenus dans un lieu inconnu pour forcer Razan Zaitouneh à se rendre».



    Épines. Les visages de ces deux jeunes femmes sont peu connus, y compris des protestataires qui défilent sous les mots d’ordre qu’elles ont souvent lancés. Mais leurs noms, et plus souvent leurs prénoms, sont étroitement associés aux deux principaux mouvements qui mobilisent les manifestants et réclament la chute du régime de Bachar al-Assad. Suheir Atassi, 40 ans, affirme modestement être «juste membre de l’Union des coordinations de la révolution syrienne» ;tandis que Razan Zaitouneh est reconnue par les militants comme «l’inspiratrice» des initiatives communes des Comités de coordination locaux qui essaiment à travers le territoire depuis le début de la révolte, en mars.

    Leur combat pour la démocratie avait commencé bien avant. «J’ai une profonde estime pour ces femmes syriennes libres, cultivées et modernes, qui s’exprimaient quand les hommes gardaient le silence !» explique Mohammad, 24 ans, militant d’une banlieue chaude de la capitale syrienne. C’est depuis le premier printemps de Damas, en 2001, que ces deux épines se sont plantées dans les pieds du régime. Le forum Jamal Atassi pour le dialogue démocratique, ouvert par Suheir au nom de son père, psychiatre, écrivain et nationaliste arabe respecté, a accueilli les débats de l’intelligentsia. «L’enthousiasme et l’humour de la maîtresse des lieux ajoutaient à l’intérêt de ces réunions», se souvient l’un des habitués du salon de cette fille d’une grande famille syrienne originaire de Homs, la troisième ville du pays. Quand Bachar al-Assad, encore tout nouveau président, donne à l’été 2001 le coup d’arrêt à un printemps qui n’a duré que quelques mois, plusieurs opposants habitués du forum sont arrêtés, dont Suheir, qui entame son premier séjour en prison.

    /.../

    http://www.liberation.fr/monde/01012...face-au-regime
Working...
X