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Après la mort du roi saoudien Abdallah, les enjeux de sa succession

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  • Après la mort du roi saoudien Abdallah, les enjeux de sa succession

    Après la mort du roi saoudien Abdallah, les enjeux de sa succession

    Le Monde.fr avec AFP | 23.01.2015 à 02h02 • Mis à jour le 23.01.2015 à 12h57 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)



    Un fils du fondateur du royaume saoudien va succéder pour la cinquième fois à son frère. Les autorités saoudiennes ont annoncé vendredi 23 janvier, vers 2 heures du matin (un peu après minuit à Paris), la mort du roi Abdallah, âgé de plus de 90 ans et qui était hospitalisé depuis plusieurs semaines.

    Lire aussi la nécrologie du roi : Mort d’Abdallah Ben Abdel Aziz Al-Saoud, roi d’Arabie saoudite
    Cette disparition ouvre la voie du trône à son dauphin, son demi-frère Salman, né en décembre 1935, et dont la santé est souvent présentée comme fragile. Le mode de succession en vigueur dans le royaume prévoit en effet que les fils d'Abdel Aziz Al-Saoud jugés aptes à la fonction exercent successivement le pouvoir avant que ce dernier ne passe à une nouvelle génération.

    NOUVELLES NOMINATIONS

    Le prince héritier, Muqrin, né en 1945, doit désormais occuper le siège laissé vacant par le nouveau roi. Cette succession était attendue compte tenu de l'âge et de l'état de santé d'Abdallah qui avait déjà subi de longues périodes d'hospitalisation, notamment au début de la vague des « printemps arabes », en 2011. Le roi lui-même l'avait anticipée, en mars 2014, en plaçant son demi-frère Muqrin en bonne place pour lui succéder un jour.

    /.../

    LA CRAINTE D'UN « ARC CHIITE »

    Si les mécanismes de succession préviennent jusqu'à présent, toute vacance du pouvoir dans la famille des « Serviteurs des lieux saints » de l'islam, La Mecque et Médine, la mort d'Abdallah survient cependant à un moment critique pour le royaume. Le Yémen, qui fut longtemps une affaire intérieure saoudienne, est en passe de sortir de cette orbite à la suite du coup de force en cours à Sana'a de la milice houthiste, issue d'une branche schismatique de l'islam, le zaydisme. Cette milice est soutenue par l'Iran ainsi que par l'ancien président Ali Abdallah Saleh, dont Riyad avait obtenu le départ il y a trois ans.

    Cette crise s'ajoute au pourrissement syrien : le maintien au pouvoir de celui qui est devenu un ennemi juré de l'Arabie saoudite, Bachar Al-Assad, parce qu'il a privilégié le soutien financier et militaire de la République islamique d'Iran pour sauver son pouvoir ; et la résurgence d'un puissant mouvement djihadiste, l'Etat islamique, aussi hostile à l'Iran qu'à la monarchie saoudienne, « l'ennemi proche », considérée comme alignée sur les positions des Etats-Unis, « l'ennemi lointain ».

    Le dernier sujet de préoccupation de la dynastie saoudienne concerne les négociations en cours entre les Occidentaux, à commencer par Washington, avec Téhéran. Ces discussions ont pour objectif de stopper le programme nucléaire controversé de l'Iran qui modifierait l'équilibre géostratégique sur les deux rives du Golfe. Mais Riyad redoute qu'elles soient le prélude à un aggiornamento diplomatique américain au Moyen-Orient, qui se traduirait par la prise en compte de l'influence iranienne en Irak depuis le renversement de Saddam Hussein, en 2003, ainsi qu'en Syrie, a fortiori depuis 2011, et au Liban par le truchement de la milice du Hezbollah. Un « arc chiite » dont s'inquiétait le roi Abdallah et qui va devenir le principal sujet de préoccupation de son successeur.

    La dynastie des Saouds | Le Monde


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/moyen-orient/a...wS3iCjbJm0O.99



  • #2
    Arabie saoudite : l'ouverture incertaine

    Mise à jour le jeudi 22 janvier 2015 à 22 h 15 HNE

    OPTIONS DE PARTAGE



    Puissance régionale en perte d'influence et d'alliés, l'Arabie saoudite est de plus en plus la cible de critiques en raison de son ultraconservatisme et du peu de cas qu'elle fait des droits de la personne. La mort du roi Abdallah et l'arrivée de son frère Salman au trône inaugurent-elles une nouvelle ère d'ouverture ou s'inscrivent-elles dans la continuité du royaume?

    Un texte de Ahmed Kouaou[/EMAIL]

    Peu d'analystes parieront sur une révolution imminente qui viendrait du nouveau roi, dont l'âge (79 ans) et la santé chancelante risquent d'abréger son passage au trône. Les regards sont davantage tournés vers celui qu'il a désigné comme héritier, Moqren.
    À 69 ans, il fait figure de jeune dans une famille royale vieillissante. Il est décrit comme un « libéral », qui serait enclin à poursuivre les « réformes » économiques et sociales engagées par le roi Abdallah, duquel il était proche. Encore faut-il nuancer les réformes dans un pays où les femmes n'ont pas encore le droit de conduire seules leur voiture et où la décapitation et autres exactions sont monnaie courante. Le blogueur Raïf Badawi, dont la famille est réfugiée au Québec, a droit à 1000 coups de fouet pour avoir critiqué le régime.

    La désignation de Moqren doit être avalisée par le Conseil d'allégeance, où pourraient se manifester les intrigues de palais et les luttes fratricides. C'est que Moqren est né d'une mère yéménite, alors que le roi a toujours été issu d'une mère saoudienne de souche.

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    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles...h-moqren.shtml

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    • #3
      Extrait:


      Mais parmi les fonctions exercées par Moqren, on relève celle de directeur général de la première et plus importante agence de renseignements du royaume, la General Intelligence Presidency (de 2005 à 2012). Dans l’ombre ou comme émissaire officiel, il s’est impliqué dans nombre de dossiers où Riyad essaye de peser, comme la médiation entre les Etats-Unis et les talibans afghans ou le Pakistan. Et, comme Abdallah, il est aussi partisan de la ligne dure avec l’Iran et d’une politique visant à contrer la montée en force des chiites au Proche et Moyen-Orient. C’est donc un homme à poigne, qui a aussi la réputation d’être plutôt conservateur dans un pays qui, sur ce point, va de mal en pis : deux femmes, Loujain al-Hathloul et Mayssa al-Amoudi, seront bientôt jugées par un tribunal antiterroriste spécial après avoir été arrêtées parce qu’elles conduisaient une voiture.
      Il est donc peu probable que de réelles réformes démocratiques surviennent prochainement dans le royaume. D’autant plus que des milliers de jeunes Saoudiens ont rejoint la cause jihadiste en Irak et en Syrie et que l’Etat islamique défie ouvertement le régime, engagé contre lui au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. Ainsi, en réplique, l’EI a lancé, le 5 janvier, sa première attaque d’envergure contre un poste-frontière saoudien près de la ville d’Arar, au cours de laquelle trois soldats, dont un officier supérieur, ont été tués. Un mur de protection, sorte de Grande Muraille moderne longue d’environ 950 km, est en construction le long de la frontière avec l’Irak, dont environ un tiers du pays est à présent contrôlé par les jihadistes. Il y a plusieurs mois, le calife Ibrahim, alias Abou Bakr al-Baghdadi, l’émir de l’EI, avait d’ailleurs lancé le mot d’ordre «nous arrivons» à l’adresse des dirigeants saoudiens.
      Baisse du baril. Outre le prince Moqren, le roi Abdallah a également nommé nombre de membres de sa famille à des positions importantes dans les domaines stratégiques. De son côté, Salmane, le roi de facto, compte aussi beaucoup sur l’un de ses fils, Mohammed ben Salman, qui a le rang des ministres d’Etat. Sans cesse au côté de son père, il s’occupe beaucoup des affaires militaires et pourrait devenir le prochain ministre de la Défense. Là encore, sa nomination traduit la volonté du régime de permettre aux jeunes générations d’accéder au pouvoir.
      Autre sujet crucial pour l’Arabie Saoudite : sa relation avec les Etats-Unis, à un moment où Barack Obama cherche à s’entendre avec Téhéran et où le royaume s’est lancé dans une stratégie risquée de baisse du prix du baril afin de décourager de nouvelles explorations et garantir ses parts de marché. Sans compter que celle-ci permet d’affaiblir ses deux adversaires, eux aussi des pétro-Etats, l’Iran et la Russie, dans la guerre par procuration que les uns et les autres se livrent en Syrie. La baisse s’annonce durable : Riyad a semble-t-il les moyens de tenir cette politique encore deux ans. Ancien pilote qui parle bien l’anglais (appris notamment pendant ses études dans une université de la Royal Air Force en Grande-Bretagne), le prince Moqren aura sans doute aussi un œil sur ces dossiers.
      http://www.liberation.fr/monde/2015/...dienne_1186604

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      • #4
        VU DES ETATS-UNISMoment critique entre Washington et l'Arabie Saoudite

        Après la mort du roi Abdallah, la presse américaine se demande où va le royaume saoudien, plus important allié arabe des Etats-Unis. L'hebdomadaire “The Economist” appelle Washington à revoir sa relation avec Riyad.

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        Washington doit encourager les réformes

        Autre point de friction, la question des libertés en Arabie Saoudite, récemment remise en lumière par le sort du bloggeur Raif Badawi, condamné à recevoir 1000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". L'hebdomadaire The Economist n'y va pas par quatre chemins en appelant les Etats-Unis à "revoir leur relation étroite avec l'Arabie saoudite". Pour le magazine britannique, l'intérêt de maintenir une relation privilégiée avec Riyad n'est plus évident maintenant que les Etats-Unis ont réduit leur dépendance au pétrole et développé leur production de pétrole de schiste.

        Plus mesurés, les titres américains soulignent l'ampleur des défis qui attendent le nouveau pouvoir saoudien. La politique du roi Abdallah, vu à juste titre comme relativement modéré et modernisateur, "a en fin de compte échoué à empêcher un déclin significatif de l'influence saoudienne et à répondre au défi que constitue la montée d'une nouvelle génération d'arabes ayant grandi avec Internet", estime The Washington Post dans son éditorial du 24 janvier. "La monarchie saoudienne devra accélérer (...) les réformes si elle veut survivre à ce début de XXIe siècle." Le quotidien souligne que le gouvernement Obama "a peu fait pour promouvoir les réformes en Arabie Saoudite" et l'appelle "à encourager les prochains dirigeants du royaume à adopter des réformes politiques fondamentales".

        Le candidat de Washington choisi comme successeur

        The Washington Post salue toutefois la nomination de Mohamed ben Nayef, 55 ans, au poste de vice-prince héritier. Premier petit-fils du fondateur de la dynastie saoudienne à être placé dans l'ordre de succession, celui-ci a étudié aux Etats-Unis et il est "le responsable saoudien en qui les Etats-Unis ont le plus confiance", écrit le quotidien de la capitale. Son tour pourrait venir plus vite que prévu car la santé du nouveau roi Salmane est fragile et des questions entourent les prétentions au trône du nouveau prince-héritier, le prince Moukrine, 69 ans, fils d'une concubine yéménite du fondateur de la dynastie, indiqueThe Wall Street Journal.

        Pour certains observateurs, la nomination de Mohamed ben Nayef est le signe que les Etats-Unis exercent toujours une influence prépondérante dans les affaires saoudiennes. Elle règle aussi la question de la succession au sein de la nouvelle génération de la famille royale.

        http://www.courrierinternational.com...rabie-saoudite

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