Plusieurs morts lors de manifestations en Egypte

AFP 25 JANVIER 2015 À 16:58 (MIS À JOUR : 25 JANVIER 2015 À 17:39)Des rassemblements se sont tenus cinq ans après le printemps arabe qui, en 2011, chassa Moubarak du pouvoir. Bilan : au moins 11 morts et 30 blessés.

Onze personnes ont été tuées et 30 blessées dimanche en Egypte, au moment où le pays marque le quatrième anniversaire de la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir. C’est le site internet du quotidien étatique Al-Ahram, citant le ministère de la Santé, qui donne ce chiffre, alors que manifestants et policiers se sont affrontés en marge de rassemblements, notamment au Caire.
Un policier a également été tué au nord du Caire, a indiqué le ministère de l’Intérieur, sans qu’il ne soit immédiatement possible de déterminer si ce policier faisait partie des 11 morts annoncés.
Déjà, samedi soir, une manifestante a été tuée dans la capitale lors de heurts avec la police. Une manifestation d’un parti de gauche, le parti de «l’alliance populaire socialiste», qui célébrait le quatrième anniversaire de la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.
La jeunesse militante, laïque et de gauche, était le fer de lance du soulèvement populaire de 2011, et a soutenu dans son ensemble l’éviction par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013. Depuis, le président Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée tombeur de Morsi, est accusé de mener une répression implacable contre toute opposition, islamiste mais aussi laïque.
Selon un porte-parole du ministère de la Santé, la manifestante, Shaïmaa al-Sabbagh, 34 ans, mère d’un enfant de 5 ans, est morte. Des manifestants ont indiqué qu’elle avait été touchée par des tirs de chevrotine de la police, qui dispersait la manifestation. Toutefois un responsable du ministère de l’Intérieur, Abdel Fattah Osman, a démenti samedi soir que la police ait utilisé des tirs de chevrotine pour disperser les manifestants. «Il s’agissait d’une petite manifestation qui ne nécessitait pas le recours à de telles armes. Il n’y a eu que deux tirs de gaz lacrymogènes» a-t-il précisé à l’AFP. Un membre de la formation, Adel el-Meliguy, indique cependant que «la police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs de chevrotine et a arrêté le secrétaire général du parti, et cinq jeunes membres». Et dimanche, dans le centre du Caire, la police a bien tiré à la chevrotine pour disperser des centaines de manifestants qui scandaient des slogans à la fois hostiles aux islamistes et aux nouvelles autorités, et qui tentaient de rejoindre la place Tahrir, l’épicentre de la révolte de 2011.

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