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Les médecines naturelles face à la grippe H1N1

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    Les médecines naturelles face à la grippe H1N1


    De Christine COURCOL (AFP)
    PARIS — Les uns ne jurent que par l'ail cru, les autres par l'échinacée ou les tisanes : les médecines parallèles, qui font florès face à l'épidémie attendue de grippe H1N1, peuvent avoir un effet subjectif et doper l'immunité, selon des médecins.
    Les sites sur l'internet consacrés aux médecines "naturelles" ou "complémentaires" se multiplient.
    "Nous vous proposons une solution de protection 100% naturelle et peu onéreuse contre la grippe A", affirme l'un d'entre eux. L'huile essentielle qu'il vante s'achète quand même 15 euros les 10 ml.
    Il cite le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008, qui affirme prendre "régulièrement de la papaye fermentée" et ne plus attraper la grippe saisonnière depuis plus de 15 ans.
    Un autre site propose justement la papaye fermentée pour 33 euros les 60 comprimés, ou encore des purificateurs ioniseurs d'air, qui éliminent "à 99,94%" virus et bactéries au prix de 350 à 495 euros...
    Des naturopathes recommandent, moins coûteux, les fruits à forte teneur en vitamine C (orange, kiwis...), les carottes ou encore certaines épices, antivirales. L'ail, doté de toutes les vertus, agirait "à la façon d'un antibiotique" - mais, sauf en cas d'infection, ça ne sert à rien contre un virus.
    Côté tisanes, le thym a une longueur d'avance. On vante aussi les mérites de la badiane (ou anis étoilé), arguant qu'elle entre dans la composition de l'antiviral Tamiflu (mais ce n'en est pas un principe actif). Dans un hôpital provençal, une infirmière anti-vaccins distribue à ses collègues un texte vantant les mérites de l'huile essentielle de ravintsara et de l'aromathérapie.
    L'Université Paris XIII à Bobigny (Seine-saint-Denis) a créé il y a plus de 20 ans un département des médecines naturelles ou complémentaires (le Dumenat), où on enseigne à des médecins l'acupuncture, l'ostéopathie, l'homéopathie, la naturopathie, la phytothérapie ou la pharmacopée chinoise. L'enseignement y est "critique et comparatif" avec une dimension classique de recherche clinique, selon le Pr Antoine Lazarus qui le dirige.
    Pour lui, il y a des procédures qui sont en elles-mêmes "soignantes". "Si vous prenez un produit dont vous pensez sincèrement qu'il est bon pour la santé, vous vous sentez mieux", dit-il. A cet égard le placebo "n'est pas autre chose que du soin".
    Selon le Dr Gérard Delahaye, médecin généraliste dirigeant le pôle de formation permanente du Dumenat, il y a sur le plan biomédical "très peu d'études fiables" sur l'efficacité potentielle de ces produits.
    L'une, parue dans la revue Rhinology en 2008, affirme que les boissons chaudes n'ont pas "d'effet positif objectif sur l'obstruction nasale". Le pratique régulière du taï chi et du qi kong amélioreraient en revanche la réponse au vaccin anti-grippe.
    L'oscillococcinum, pourtant très utilisé, ne réduirait que "de 0,28 jour la durée de la maladie", selon une étude parue en 2009. Un supplément pendant six mois de probiotiques offrirait un effet préventif des syndromes grippaux et l'extrait de grenade renforcerait l'effet du Tamiflu, toujours selon certaines études.
    Peu de preuves certes. Mais "l'effet soignant, subjectif", permet à la personne de "considérer qu'elle est moins malade et d'en tirer bénéfice", note le Dr Delahaye, qui insiste sur "la relation entre syndrome dépressif et défenses immunitaires".
    Il cite aussi "l'usage populaire", et dit consommer trois fois par semaine "du miel chaud dans du fromage blanc à la grecque". "C'est absolument sublime, je n'ai trouvé aucun argumentaire scientifique, mais on n'attrape pas la grippe quand on se sent très bien", dit-il.
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