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La guerre, La Santé et la Dette

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    Le Dimanche 25 Octobre 2009 | Mise en ligne à 9h26 | Un commentaire


    Richard Hétu
    Collaboration spéciale
    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York depuis 1994. Il est également l'auteur de trois livres, dont les romans La route de l'Ouest (vlb 2002) et Rendez-vous à l'Étoile (vlb 2006). Il vit à Manhattan avec sa famille.
    La guerre, la santé et la dette

    Publié dans la catégorie Général


    Le blogueur Glenn Greenwald revient dans ce billet sur cet éditorial du Washington Post inspiré par cette question d’un lecteur :
    «Pourquoi est-il O.K. de s’endetter pour financer les guerres, mais pas pour payer pour les soins de santé?»
    La page éditoriale du Post, qui a un penchant néoconservateur, offre deux réponses. Dans la première, elle explique que l’administration Obama réalisera des économies en coupant dans les dépenses militaires et en retirant les unités de combat américaines d’Irak, un argument que réfute Greenwald. Au bout du compte, souligne le blogueur libéral (dans l’acception américaine du terme), les États-Unis devront continuer à emprunter au Japon et à la Chine pour financer leur effort de guerre en Afghanistan.
    Dans sa deuxième réponse, la page éditoriale du Post présente un argument qui résume selon Greenwald les priorités de Washington. Je cite un extrait de l’édito :
    «L’universalité des soins de santé, tout souhaitable soit-elle, n’est pas “essentielle à la défense de notre peuple”. Et ce n’est pas une “nécessité” qu’elle soit adoptée cette année : M. Obama propose un nouveau programme à une époque de déficits budgétaires historiques. À l’opposée, le général McChrystal croit que si des renforts ne sont pas envoyés en Afghanistan dans la prochaine année, la guerre pourrait être perdue, avec des conséquences catastrophiques pour les intérêts des États-Unis en Asie.»
    Tout en évoquant cette étude récente estimant à 45 000 le nombre de personnes qui meurent aux États-Unis faute d’assurance-maladie, Greenwald réplique ainsi à l’éditorial du Post et à la stratégie du général McChrystal en Afghanistan :
    «Ainsi, selon le Washington Post, larguer des bombes, contrôler et occuper l’Afghanistan - tout en assurant simultanément aux citoyens afghans “la bonne gouvernance, le développement économique, l’éducation, l’élimination de la corruption et la protection des droits des femmes” - est une nécessité vitale qui doit être satisfaite peu importe le coût. Mais les besoins fondamentaux (comme les soins de santé) des citoyens américains constituent au mieux une priorité secondaire, quelque chose de totalement inutile qui devrait attendre quelques années ou décennies et n’intervenir qu’après la fin de nos guerres multiples, si cela arrive.»
    La photo d’AFP qui coiffe ce billet a été prise aujourd’hui à Bagdad où un double attentat a fait 106 morts et 512 blessés.

    http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/?p=70429360
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