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La grippe aviaire n'effraie pas les prêtres du vaudou au Bénin

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    La grippe aviaire n'effraie pas les prêtres du vaudou au Bénin



    COTONOU (Reuters) - Les prêtres traditionnels du Bénin ont sacrifié des volailles à l'occasion de la "Journée du vaudou" en assurant que leur religion les protégeait des risques d'infection par le virus H5N1 de la grippe aviaire.

    Le petit Etat ouest-africain, berceau des rituels vaudou transposés aux Amériques par les esclaves, a signalé en décembre au moins deux cas de grippe aviaire chez des volailles. Des analyses effectuées en Europe ont confirmé qu'ils relevaient de la souche H5N1, qui peut être mortelle pour les humains.


    Après la levée d'une interdiction qui frappait la pratique du vaudou, ce culte ancestral a été proclamé religion officielle dans l'ex-colonie française au milieu des années 1990 et la Journée du vaudou est célébrée le 10 janvier, jour férié à l'instar du Noël chrétien et de l'Aïd musulman.

    Des experts des services de santé béninois ont averti les prêtres du vaudou que la pratique du sacrifice de volailles - où il arrive qu'on égorge des volatiles avec les dents et qu'on boive leur sang - induisait un risque de contamination grave lorsqu'il s'agissait d'animaux malades.

    "Ce n'est pas une question de religion (...) La manipulation sans protection de la volaille est dangereuse parce qu'elle peut mener à une contamination si le sujet est infecté", a déclaré à Reuters le Dr Julien Toessi, directeur de la promotion de la Santé.

    Des adeptes du vaudou, dédaignant les tenues de protection, les gants et les masques recommandés pour le maniement d'oiseaux suspects, ont affirmé que leur foi les protégerait des risques d'infection au cours des cérémonies où le sang des volailles sacrifiées est répandu sur les fidèles et sur le sol afin de les purifier et de gagner la faveur des divinités.

    POUVOIR DIVIN

    "Si vous achetez un poulet pour le sacrifier à votre dieu, il ne vous laissera pas acheter un poulet infecté", déclare Dah Aligbonon, prêtre vaudou d'Abomey, capitale de l'ancien royaume du Dahomey.

    Depuis 2003, le virus H5N1 a fait plus de 200 morts dans le monde, principalement en Asie. Des épidémies de grippe aviaire ont été signalées ces deux dernières années dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, notamment chez des voisins du Bénin.

    "Nous ne craignons pas du tout la transmission de la grippe aviaire (...) parce qu'il y a un pouvoir divin qui accompagne notre sacrifice", a ajouté Aligbonon.

    Des cérémonies accompagnées de danses au son des tambours se sont déroulées jeudi en divers points du Bénin. Elles attirent chaque année des milliers de touristes dans le pays, en particulier dans la ville côtière de Ouidah, ancien centre de la traite négrière à partir duquel des centaines de milliers d'esclaves furent acheminés dans les Amériques et les Caraïbes.

    Le vaudou a survécu en Haïtiet, sous des formes plus syncrétiques, à Cuba (santeria) et au Brésil (candomblé).

    Des descendants d'esclaves revenus au Bénin commémorent les victimes de la traite durant la Journée du vaudou.

    "La fête du vaudou est l'occasion de faire des sacrifices pour se rappeler les aïeux qui ont été vendus à des inconnus et qui contribuent aujourd'hui au développement de l'Amérique", commente Emile Ologoudou, un officiant vaudou.

    Depuis l'annonce de l'épidémie de grippe aviaire le mois dernier, les autorités ont abattu des centaines d'oiseaux suspects et interdit les importations de volailles des pays voisins.

    Version française Philippe Bas-Rabérin

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0...80@7-37,0.html
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