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Virus et volcan : les limites du principe de précaution

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  • Diane Morin
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    Re: Virus et volcan : les limites du principe de précaution, par Benoît Gallix

    Nuage de cendres

    "On se sert du volcan pour discréditer le principe de précaution"

    Propos recueillis par Laura Raim - 21/04/2010 16:46:00

    REUTERS/Gonzalo Fuentes
    L'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, le 19 avril 2010.



    Le chaos engendré par le volcan islandais sur le transport aérien a relancé la polémique sur le principe de précaution. A tort, selon Arnaud Gossement, avocat en droit de l'environnement, qui déplore l'amalgame entre cette notion et celle de prévention.


    L'éruption du volcan islandais a provoqué la paralysie du transport aérien en Europe. Certains accusent les gouvernements d'être allés trop loin dans le principe de précaution...

    Ils n'ont pas appliqué le principe de précaution, mais de prévention. Il ne faut pas confondre ces deux notions juridiques. Le principe de prévention s'applique quand les experts s'accordent sur l'existence et la nature d'un risque. C'est la déclinaison juridique du principe philosophique de prudence. Des cas d'avions accidentés après avoir traversé des nuages de cendre ont déjà été répertoriés par le passé. Le risque était donc avéré. A la limite, on peut parler d'un excès de prudence, mais pas de précaution. C'est trop facile de critiquer a posteriori. Il s'est passé la même chose avec la grippe A. Quand Roselyne Bachelot a annoncé en septembre le programme d'achat de vaccins, personne n'a protesté. C'est seulement en novembre qu'on a commencé à accuser le gouvernement d'avoir été trop précautionneux.

    Dans quelle situation faut-il appliquer le principe de précaution, alors ?
    Ce principe est inscrit depuis 1995 dans la loi française, et depuis 2005 dans la Constitution, à travers la Charte de l'environnement. Il s'applique quand il y a encore des incertitudes et des débats entre experts sur le risque lié à une activité ou à une nouvelle technologie. C'est le cas par exemple avec les OGM et les champs électromagnétiques. La Charte de l'environnement ordonne alors aux pouvoirs publics de ne pas attendre de disposer de certitudes scientifiques pour agir préventivement. De toutes façons, le principe de précaution s'applique uniquement dans le cadre du droit de l'environnement. Or le nuage de cendres représentait un danger pour les voyageurs aériens, pas pour l'environnement.

    Pourquoi est-ce si important de distinguer prévention et précaution ?
    Parce que les adversaires du principe de précaution profitent de l'amalgame pour tenter de discréditer cette notion. Les producteurs d'OGM, par exemple, aimeraient bien que la France adopte l'approche américaine qui consiste à commercialiser un produit avant d'être sûr à 100% de l'absence de risque, quitte à rapidement retirer le produit de la distribution en cas de problème. En France, les deux ambassadeurs de la lutte contre le principe de précaution sont Jacques Attali, qui le considère comme un frein à la croissance, et Claude Allègre, qui s'était opposé en 1996 à la décision de désamiantage du campus de Jussieu où il enseignait.
    Le principe de précaution est-il menacé ?

    Son contenu a déjà été affaibli une fois, au moment où il a été inscrit dans la Constitution. Lors de la rédaction du texte, les représentants du Medef ont en effet obtenu que cette notion ne recouvre que les risques pour l'environnement, et pas ceux pour la santé. Heureusement, le principe de précaution a un champs d'application plus large dans le droit européen, sur lequel peuvent se baser les associations de santé et d'environnement.

    http://www.lexpansion.com/economie/a...on_230737.html

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  • Diane Morin
    started a topic Virus et volcan : les limites du principe de précaution

    Virus et volcan : les limites du principe de précaution

    Point de vue
    Virus et volcan : les limites du principe de précaution, par Benoît Gallix

    | 20.04.10 | 14h05 • Mis à jour le 20.04.10 | 14h05

    <!-- *********************************MAIN COLUMN*********************************--><SCRIPT language=javascript type=text/javascript> function expandBarrePartager() { if($("#barrePartager").css("display")=="none") { $("#barrePartager").fadeIn("slow"); } else { $("#barrePartager").fadeOut("slow"); } } </SCRIPT><SCRIPT type=text/javascript>if ( 'undefined' == typeof MIA) MIA = {};MIA.Partage = {toggled: false,toggleSharing:function(){if(!MIA.Partage.tog gled){document.getElementById('shareTools').style. display='block';MIA.Partage.toggled=true}else{docu ment.getElementById('shareTools').style.display='n one';MIA.Partage.toggled=false}},ouvrirPopup:funct ion(url,titre,parametres){var expression = /[^*]width=([0-9]*)[^*]/;expression.exec(parametres);var popup_width=RegExp.$1;expression=/[^*]height=([0-9]*)[^*]/;expression.exec(parametres);var popup_height=RegExp.$1;var left=(screen.width-popup_width)/2;var top=(screen.height-popup_height)/2;var params=parametres+',top='+top + ',left='+left;var win=window.open(url,titre,params)}}</SCRIPT><TABLE class=toolBox id=toolBox cellSpacing=0 cellPadding=0 border=0><TBODY><TR><TD class=articleEA vAlign=top></TD><TD class=tools></TD></TR></TBODY></TABLE>
    Médecin, de retour d'une mission au Vietnam, je suis bloqué à Bangkok avec tous les passagers du vol AF 173. En quelques mois, j'ai été au cœur de deux "pandémies", la grippe A(H1N1) durant l'automne, et les poussières du volcan islandais Eyjafjöll aujourd'hui. La similitude est étonnante.

    Au départ, des circonstances bien réelles et inquiétantes : un nouvel agent viral apparu au Mexique est qualifié de "pandémique", c'est-à-dire qui peut se propager rapidement à travers le monde ; l'éruption spectaculaire d'un volcan en Islande et son panache de fumées et de cendres qui se dirige vers l'Europe. Dans les deux cas, les organismes de surveillance internationaux font leur travail avec efficacité et rapidité. L'Organisation mondiale de la santé analyse la propagation du virus, le Volcanic Ash Advisory Center (VAAC) traque les cendres volcaniques. Depuis des années, ils détectent, modélisent et anticipent de telles circonstances. Ils sont prêts.
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    Mais les données réelles ne sont pas faciles à obtenir. La détection des virus est toujours délicate et l'évaluation de l'épidémie dans les pays pauvres sujette à caution. Pour le volcan, la mesure du type de poussière est impossible dans le panache et très difficile dans l'atmosphère. Alors, on utilise des modélisations mathématiques de propagations : épidémiologique, météorologique. Certes, il existe des expériences antérieures, mais le catalogue des pandémies de grippe est pauvre et celui des éruptions sous-glaciaires n'est guère plus riche.



    Nous sommes donc contraints d'utiliser des modèles de dispersion des agents "pathogènes" dérivés de situations mieux connues : propagation d'autres virus, modèles météorologiques classiques. Les approximations sont fortes et, en l'absence de données fiables, on applique toujours les normes de sécurité les plus élevées. Les variations peuvent être majeures suivant les paramètres saisis et les outils de modélisation. Les scientifiques travaillant au VAAC sont certainement un peu abasourdis par les conséquences mondiales des prévisions de leurs ordinateurs.

    Une fois les prévisions établies par les experts d'un organisme unique, et qui peut donc difficilement être contredit, intervient alors le principe de précaution. "On n'en fait jamais assez s'agissant de la sécurité, de la santé de nos concitoyens", a dit le ministre de l'intérieur à propos de la grippe aviaire. Ne "jamais en faire assez" n'est-ce pas aussi parfois "trop en faire", avec pour conséquences des actions potentiellement plus délétères que le risque initial ? Sur les centaines de milliers de personnes bloquées à travers le monde, combien vont avoir des problèmes de santé graves, voire mortels ? Plus ou moins que la chute d'un avion ? Ce risque n'a pas fait l'objet d'une modélisation, car il n'est ni visible, ni évaluable, ni médiatique. Sans intérêt.

    LE SENS DE L'OBSERVATION

    Dans les deux cas, on oublie le bon sens et surtout celui de l'observation. La propagation du virus dans l'hémisphère Sud a pourtant été suivie de près, et sa gravité évaluée comme très modérée au moins deux mois avant sa dissémination en Europe. Ces éléments factuels auraient dû faire réfléchir et modifier la stratégie des organismes internationaux et des Etats ; cela n'a pas été le cas. Une fois le système lancé personne n'ose - et ne peut - l'arrêter. Pour les cendres volcaniques, je crains que le même schéma ne se reproduise : il n'y a aujourd'hui aucune preuve tangible de la dangerosité de ces poussières, en dehors de la Grande-Bretagne semble-t-il.

    Si le principe de précaution doit être appliqué en première intention en se basant sur des modélisations, il faut pouvoir l'adapter à la réalité du terrain, aux faits tangibles. C'est-à-dire accepter les erreurs et modifier rapidement les stratégies. Les enjeux financiers viennent encore compliquer le problème. S'ils n'y sont pour rien au départ, les laboratoires pharmaceutiques capables de fabriquer des vaccins n'ont pas été dans le sens d'une modération du risque. Pour l'aviation, ce sont les assureurs qui refusent de couvrir les compagnies en cas d'accident et aucune compagnie n'acceptera de voler sans assurance. La boucle est bouclée, le ciel européen est vide et nous restons coincés à Bangkok.
    <HR>Benoît Gallix, professeur de médecine à l'université de Montpellier.

    http://www.lemonde.fr/opinions/artic...0227_3232.html
Working...
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