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Epidémie de Grippe H1N1 au Liban : situation un peu floue

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  • Epidémie de Grippe H1N1 au Liban : situation un peu floue

    Crédit photo: Florian Choblet

    Epidémie de Grippe H1N1 au Liban : situation un peu floue

    BEYROUTH, par Youmna Chagoury | iloubnan.info - Le 11 décembre 2009

    Crédit photo: Florian Choblet




    Le mois dernier, le Liban enregistrait son 5ème décès suite au virus H1N1. Alors que l’on peine à obtenir des chiffres officiels sur la progression de la maladie au Liban, nous avons tenté de faire le point sur la situation avec différents acteurs du système de santé libanais. Pas facile de se faire une idée, les avis rassurants côtoient les déclarations inquiétantes, les opinions divergent sur le vaccin, qui ne devrait de toute façon pas arriver avant le début de l’année prochaine.

    Dans les garderies et les écoles libanaises, certaines classes ferment à partir d’un pourcentage variable d’élèves contaminés par la grippe A, ou juste grippés. Le taux entraînant la fermeture dépend des établissements : il n’y a pas de directives officielles, les écoles observent un nombre d’absents, et décident ou pas de fermer des classes. Ainsi, l’école Carmel Saint Joseph (Mechref – Damour) a fermé le mois dernier tout son cycle complémentaire pendant une semaine, après avoir observé un taux d’absence de 10% dans certaines classes. Le Liban a récemment enregistré son 5e décès officiel dû à la Grippe A. Les procédures mises en place par les établissements scolaires sont-elles exagérées ? Pour le Dr Georges Khalil, spécialiste en infectiologie et microbiologie, le meilleur moyen d’éviter la contamination reste en effet « l’isolement, aussi bien au sein du foyer que dans les institutions scolaires ». Ce médecin est intervenu fin novembre lors d’une conférence organisé à Beyrouth par l’Agence universitaire de la Francophonie sur la Grippe H1N1 au Liban. Pour lui, la situation de l’épidémie est « grave »…. même s’il avoue ne pas connaître les chiffres exacts au niveau national. Il affirme cependant que l’on traite « plusieurs centaines de cas par jour ».

    80% des cas grippaux au Liban sont des H1N1

    Selon le Ministère de la Santé, plus de 80% des cas grippaux au Liban sont dus au virus H1N1. Un taux qui effraie de prime abord. Mohammad Yassine, inspecteur de la Santé publique au ministère, se montre malgré tout rassurant : «Pas de panique, ce n’est qu’une grippe, un peu plus virulente que la grippe saisonnière » dit-il. Le ministère approuve cependant la décision des écoles de fermer certaines classes : « Nous ne leur donnons aucune directive », affirme Mohammad Yassine, « mais la fermeture des classes comprenant plusieurs élèves contaminés permet de limiter cette contagion. » Concernant le vaccin, le Dr Khalil se désole de ne pas y avoir accès « avant deux à quatre semaines » : l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’a pas inscrit le Liban sur la liste des pays prioritaires pour recevoir le vaccin. Le produit existant en nombre limité, il est distribué en priorité aux pays les plus touchés par l’épidémie, explique Mohammad Yassine, et ce n’est pas le cas du Liban. « Il nous faudra patienter », renchérit le Dr Khalil, qui conseille cependant le vaccin de la grippe saisonnière « qui est partiellement efficace contre le virus H1N1. » Cet avis n’est pas celui de Mohammad Yassine, selon lequel le virus grippal est mutant, ce qui signifie que l’on ne peut pas utiliser les vaccins saisonniers pour se protéger de la grippe A. Nous devons attendre non seulement l’arrivée en début d’année du vaccin H1N1, mais également d’avoir testé ce vaccin avant de l’administrer à un grand nombre de personnes », ajoute Yassine. Chaque pays a un climat particulier, et chaque personne réagit différemment aux médicaments et aux vaccins, explique-t-il.

    Vaccin sujet à polémique

    Le vaccin est sujet à polémique en Europe où, bien qu’on l’ait testé et approuvé, on considère parfois qu’il a été créé trop rapidement pour être efficace (et que la mutation du virus rendra ce vaccin très vite caduque de toute façon). De plus, plusieurs personnes, dont une partie du corps médical, sont loin d’être convaincues de son « inoffensivité ». Un tiers des infirmières du National Health Service en Grande Bretagne a refusé de se faire vacciner, inquiètes du lien qui existerait entre le Syndrome de Guillain-Barré ou des désordres neurologiques et le vaccin.

    Au Liban, le vaccin ne rassure pas tout le monde non plus. Dr Rabih Sakr, pharmacien à Jounieh dans la banlieue nord de Beyrouth, se montre très prudent vis-à-vis du produit pharmaceutique : « Un laboratoire dont je tairai le nom m’a proposé de me fournir en vaccins, mais j’ai refusé. Tant que le ministère de la Santé ne les aura pas testés, je ne peux pas prendre cette responsabilité. » A défaut de prévention, les médecins se concentrent sur le traitement antiviral Tamiflu, déjà utilisé lors de l’épidémie de la grippe aviaire (virus H5N1), qui avait fait plus de 186 morts dans le monde, selon l’OMS. Mr Yassine met cependant en garde contre ce médicament, insistant sur le fait qu’il guérit, mais ne protège pas : « Tamiflu peut avoir des effets secondaires néfastes s’il est administré à une personne saine. Il n’est efficace qu’après contamination. » Un avis contredit par le Dr Antoine Challita, médecin généraliste, qui ne s’inquiète pas réellement du danger de Tamiflu pour les personnes non contaminées : « selon les recommandations internationales de l’OMS, une personne saine peut prendre de du Tamiflu ou du Relenza, à raison d’une dose par jour au lieu de deux pour les personnes contaminées. » Dr Challita explique que les effets secondaires du Tamiflu sont en fait les symptômes du virus H1N1, mais ils ne sont ni très forts, ni systématiques.

    Concernant les cinq décès officiels enregistrés au Liban des suites de la H1N1, le ministère de la Santé souligne que les cinq personnes décédées présentaient pour la plupart une pathologie qui les rendait beaucoup moins résistantes au virus. « Nous ne sommes pas inquiets. Et puis nous prenons en charge la moitié du prix du traitement, qui revient donc beaucoup moins cher aux personnes contaminées, » conclut Mohammad Yassine.

    http://www.iloubnan.info/sante/actua...n-un-peu-floue
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