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Suisse - H1N1: inquiétudes dans les hôpitaux suisses

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    16 août 2009 - 15:26
    H1N1: inquiétudes dans les hôpitaux suisses

    Les femmes enceintes sont plus vulnérables au virus de la grippe porcine. La femme infectée à Lausanne attendait un enfant. (Keystone)

    Des cas d'infection survenus dans les hôpitaux de Lausanne et de Bâle éveillent l'inquiétude en Suisse: les patients sont-ils suffisamment protégés? Le droit de visite est au centre de l'attention.

    Un médecin du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) travaillant au service des urgences de la maternité a récemment infecté 12 personnes – dix collègues et deux patientes enceintes – à son retour de vacances à l'étranger. Il était revenu travailler le 31 juillet malgré des douleurs grippales.

    L'hôpital a renvoyé le médecin à la maison et traité toutes les personnes avec qui il avait été contact, avec des antiviraux. Ses collègues ont également été mis en congé.

    «C'est très ennuyeux et cela n'aurait pas dû arriver», admet le porte-parole du CHUV Darcy Christen.

    Autre cas, plus critique encore: à Bâle, une jeune maman ayant accouché le mois dernier est hospitalisée à l'Hôpital universitaire de Bâle-Ville après avoir été infectée par la grippe porcine dans un autre hôpital. Son état est jugé inquiétant.

    Dans ce cas, c'est un visiteur qui a transmis le virus H1N1. La jeune mère souffre d'une pneumonie sévère. Intubée, elle a été plongée dans un coma artificiel ces deux dernières semaines. L'enfant, en revanche, n'est pas infecté.

    Un des premiers enseignements de la pandémie jusqu'ici, qui a fait plus de 1460 morts dans le monde, est que les femmes enceintes sont plus vulnérables. Les personnes ayant déjà des problèmes de santé sont aussi davantage exposées.

    Des doutes

    Ces infections suscitent des doutes sur les mesures préventives mises en place dans les hôpitaux suisses. Margrit Kessler, présidente de l'Organisation suisse des patients, estime que «les patients ne sont pas suffisamment protégés contre la grippe porcine».

    «Il y a des cas graves dans les hôpitaux, déclare-t-elle. Le personnel subit de grandes pressions pour venir travailler, même avec de la fièvre. On en voit les incroyables conséquences...»

    Président de la Fédération des médecins helvétiques (FMH), Jacques de Haller a rejeté les critiques dans une interview au «Tages-Anzeiger». Selon lui, le médecin du CHUV n'a pas péché par négligence. «Il ne faut pas dramatiser la situation», avertit-il.

    «Ce qui s'est passé n'est pas un désastre», ajoute-t-il. Mais il est vrai, admet-il néanmoins, qu'il aurait fallu prendre davantage de précautions car ce médecin travaille aux urgences de maternité.

    «Si tous les médecins qui attrapent une grippe doivent se mettre en congé, à ce moment-là nous aurons tous un sérieux problème»... relativise Jacques de Haller.

    Coordination nationale

    Margrit Kessler critique également le fait que les 26 systèmes de santé cantonaux empêchent une coordination nationale pour mieux lutter contre la pandémie. A l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), on répond que de nouvelles recommandations nationales seront publiées la semaine prochaine.

    Elles s'adressent précisément aux hôpitaux, au personnel et aux patients. Mais la question des visiteurs reste du ressort des hôpitaux cantonaux et des médecins.

    Au CHUV comme dans presque tous les hôpitaux du pays, de strictes mesures d'hygiène sont appliquées. «Nous avons rappelé à nos employés qu'ils doivent rester à la maison s'ils se sentent malades, qu'ils doivent porter un masque pendant sept jours s'ils ont été en contact avec une personne infectée et qu'ils doivent régulièrement se désinfecter les mains», note le porte-parole Darcy Christen.

    Les directives précisent encore qu'il faut éternuer dans des mouchoirs. En revanche, aucune mesure de restriction des visites n'est prévue. Des informations sont distribuées, ajoute Darcy Christen.

    Différentes approches

    A l'hôpital cantonal de Bâle-Campagne, où la jeune mère a été infectée par un visiteur, aucune mesure additionnelle n'est prévue. L'hôpital continue à axer la prévention sur l'information au personnel et aux visiteurs.

    Des signaux dissuadent les visiteurs de rendre visite aux femmes enceintes et les malades chroniques sont priés de porter un masque. Mais cela n'est pas obligatoire.

    A Bâle-Ville, à 30 kilomètres de là, les choses sont différentes. Tous les employés de l'Hôpital cantonal et tous les visiteurs en contact avec des femmes enceintes ou sur le point d'accoucher doivent porter un masque et désinfecter leurs mains. L'hôpital leur recommande de ne pas recevoir de visite.

    A Berne, Bâle et Zurich, les hôpitaux comptent sur le sens des responsabilités des visiteurs. «Nous envisageons de restreindre encore les visites et de rendre le masque obligatoire pour tous, dit le porte-parole de l'Hôpital universitaire de Bâle Andreas Bitterlin dans un article du «Bund». Mais le masque donne un sentiment erroné de sécurité et le risque est qu'ensuite les mesures d'hygiène soient négligées.»

    «Je ne sais pas pourquoi les hôpitaux ont des conceptions différentes, admet Jacques de Haller. Mais si la grippe se révélait vraiment dangereuse, je pense qu'ils seraient très vite tous d'accord.»

    Simon Bradley, swissinfo.ch
    (Traduction de l'anglais: Ariane Gigon)
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