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Fort dépourvus lorsque la bise fut venue!

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  • Fort dépourvus lorsque la bise fut venue!

    Fort dépourvus lorsque la bise fut venue!<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Les personnes sans domicile fixe qui vivent un épisode dans la rue, le font plus aisément durant la belle saison. Lors de leur passage à la rue elles perdent toutefois leur chèque d’aide sociale. Sans argent elles ne peuvent retrouver un domicile (chambre, studio ou autre) qu’à la condition d’être aidées. Elles font donc un premier passage en refuge ou en dépannage et reçoivent une preuve de résidence qui leur permettra d’obtenir le mois suivant un chèque d’aide sociale. Avec ce chèque, si elles réussissent à ne pas le dépenser, elles pourront théoriquement trouver une chambre, un studio ou un petit appartement à partager

    Les embûches
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    Cet enchaînement est extrêmement précaire et semé d’embûches. Les refuges ont des places limitées et doivent refuser certains demandeurs qui sont alors référés vers les autres refuges ou vers des services de dépannage. D’autres se ramassent à l’hôpital et sont redirigés ensuite vers les mêmes circuits. Lorsque tous les services sont pleins on dit alors qu’il y débordement des refuges. La deuxième étape n’est pas évidente non plus avec la crise du logement que nous connaissons. Les chambres et les appartements ont augmentés. Les propriétaires sont plus sélectifs et exigent des enquêtes de crédits et des références. Ne trouve un logement qui veut même avec de l’argent!
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    C’est notre travail à l’Archipel d’Entraide avec l’équipe de suivi communautaire et le service Accroche-toit d’aider ces personnes. À chaque année nous connaissons un afflux vers nos services et malheureusement nous ne pouvons pas trouver des solutions pour tous les cas qui se présentent. C’est comme ça à chaque année avec plus ou moins d’intensité, tôt ou tard à l’automne selon la température.
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    Un automne déchirant
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    Ce sera très intense cette année à n’en pas douter. Nous avions de la pression sur nos services dès les deux premières semaines de septembre. Et la perspective de la deuxième vague de grippe A H1N1 me fait craindre le pire. Je repense au « Restez chez vous » que le directeur de la santé publique a lancé en juin durant le premier pic et je frémis.
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    Car en attendant le vaccin et l’immunité qu’il doit conférer à quelque part entre janvier et mars ou même avril, que ce passera-t-il? Que serons-nous obligés de dire aux personnes qui nous demanderont de l’aide? « Désolée il n’y a plus place, restez à la rue, lavez-vous les mains, évitez les rassemblements, ne vous présentez surtout pas dans les hôpitaux et attendez votre tour pour le vaccin. Bonne chance! »
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    Les échos d’ailleurs
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    Je lis ce qui se dit ailleurs. Le Maire de San Francisco a annoncé qu’il y aura des cliniques mobiles de vaccination dans les refuges. Le Manitoba a annoncé qu’il prioriserait les sans-abris pour le programme Pharmacare de gratuité des antiviraux. À Juneau en Alaska, les refuges ne sont pas équipés pour assurer une quarantaine mais les personnes sans-abris infectées ont accès à des chambres d’hôtel. Salvation Army à Knoxville au Tennessee a fait connaître son Plan pour son refuge de 155 places. Un autre refuge, le Camillus House en Floride a réduit le nombre de places et imposé un couvre-feu pour limiter le taux d’infection. Le Buddy Eller Center à Ukiah en Californie maintiendra ses portes ouvertes pour les sans-abri infectés mais les hébergera dans un bâtiment séparé. Le directeur du Fredericton Homeless Shelters, se questionnait en juillet sur les modifications à faire dans la disposition des lits en dortoir et sur les trajectoires de services pour les sans-domicile-fixe avec des problèmes respiratoires. À Calgary, les refuges pourraient fermer leurs portes pour éviter de propager le virus à l’extérieur. Et à Québec ?
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    Un silence inquiétant
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    Le silence ici est assourdissant. Toutes les mesures énoncées ne sont pas réjouissantes et soulèvent d’autres questions mais au moins, il y a un processus d’enclencher. Ici que faisons-nous pour les sans-abris à part éviter d’en parler pour éviter la panique, parce qu’on y croit pas à cette pandémie, que cela n’est pas de notre ressort, qu’on a bien d’autres choses plus importantes ou plus intéressantes à faire….. Dans cette histoire, il n’y a malheureusement pas juste les cigales qui se retrouveront fort dépourvues et paniquées. J’en bien peur.

    <o:p>Diane Morin</o:p>
    <o:p>publié dans le numéro d'octobre 2009 du Journal La Quête</o:p>
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