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Maurice - Décès - Détails

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    En l’espace de quelques jours: Trois décès et peut-être un quatrième dus à la grippe AH1N1
    By Le Defi Plus Published Today Actualites

    À l’hôpital de Souil lac, vendredi matin, les hauts cadres du ministère de la Santé avaient tous le visage crispé. Ils avaient tous l’air épuisé. Ils sont tous sur le qui-vive même s’ils s’évertuent à se montrer rassurants.

    D’ailleurs, la pression monte dans les locaux du ministère. Et pour cause ! Rien qu’en une semaine, il y a eu deux autres décès liés à la grippe A. Il s’agit de Farheen Umayrafa Ausgur (4 ans) et Mohammad Yusa Khameery (29 ans). Tout comme Faridah Jowaheer (51 ans), le virus a eu raison d’eux.

    Les chiffres officiels parlent de 29 cas confirmés de la maladie et un cas à Rodrigues. Mais le ministère reconnaît désormais qu’il y en a bien plus actuellement chez nous. D’autant que le laboratoire de Candos n’est en mesure que d’effectuer douze tests par jour – six le matin et six le soir. « On ne peut plus prendre en considération le nombre de cas confirmés de grippe A puisqu’il y en a bien plus. Il faut s’attendre à ce que 40 à 50 % de notre population en soit atteints puisqu’il s’agit d’une pandémie », a précisé le Dr Ahad Abdool, Director Health Services du ministère de la Santé.

    Il intervenait lors d’une rencontre avec la presse, vendredi matin, à l’hôpital de Souillac. Interrogé sur les trois décès dus à la grippe A, le médecin a soutenu que ces chiffres ne sont pas alarmants vu que le Fatality Rate, parmi les cas de grippe A, est de 0,5 %.

    « Chaque décès est un de trop »

    Le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, devait néan moins préciser que chaque décès est un de trop. «Nous partageons la douleur des familles concernées. Nous prenons cette affaire très au sérieux et nous faisons tout pour contrôler la situation », assure-t-il. Quant au Dr Vassen Pauvaday, Director Health Services du ministère, il a précisé que des Flu Units ont été instituées dans quatre hôpitaux pour accueillir les patients souffrant des symp tômes de la grippe. «Nous sommes en train de revoir notre plan stratégique régu lièrement par rapport à l’évolution de la situation », a-t-il précisé.

    Enfin, le Dr Neerunjun Gopee, Director General Health Services, a soutenu que les membres du public doivent également assumer leurs responsabilités et suivre les conseils du ministère à la lettre. Aussi, a-t-il ajouté, le ministère leur recommande de faire provision pour une Isolation Room chez eux, au cas où il y aurait beaucoup de cas de cette maladie.

    Fermeture des écoles réclamée

    Mais, parmi la population, c’est la panique. Par exemple, Naren dra nath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers Union, réclame la fermeture des écoles. De plus, beaucoup de parents évitent d’envoyer leurs enfants à l’école, de peur qu’ils ne contractent le virus. Mais, le ministre Bunwaree a répondu que les écoles resteront ouvertes.

    Les infirmiers prennent leur congé

    Les infirmiers ne se sentent pas assez protégés contre la grippe A en raison d’un manque d’équipe ments de protection. Par exemple, à l’hôpital Jeetoo, les ‘gowns’ sont en rupture de stock, selon certains responsables de l’hôpital. C’est du moins, c’est ce qu’ils disent aux infirmiers qui font la demande pour avoir ces équipe ments. D’ailleurs, les infirmiers se sentent tellement exposés à la grippe A que certains parmi eux n’hésitent pas à prendre des congés. Cassam Kurrimun, le président de la Nurses Union, fait un vibrant appel aux infirmiers de venir travailler afin de combattre cette maladie. «Les infirmiers ont peur. Ils sont très exposés. Il faut donc leur donner tous les équipements dont ils ont besoin pour se protéger. Je leur demande de venir en aide à la population qui a besoin d’eux actuellement », lance-t-il.

    Les mesures de prévention de l’évêché

    Le diocèse de Port-Louis a émis un communiqué pour annoncer certaines mesures de prévention. Ainsi, il n’y aura plus d’eau bénite, l’hostie ne sera plus mise sur la langue des fidèles et les prêtres qui souffrent des symptômes de la grippe ne vont pas officier. D’ailleurs, les fidèles souffrants sont aussi priés de rester chez eux.

    Le port du masque pas une bonne chose

    Alors que c’est la ruée vers les pharmacies en ce moment pour l’achat de masques, le Dr Abdool déconseille le port du masque en permanence. «Il faut savoir porter le masque et l’utiliser convenable ment. Par exemple, il ne faut pas le laisser sur la bouche pendant longtemps, car il attrape de l’humidité, qui est un foyer pour les virus. Si les gens veulent porter des masques, il leur faut en changer régulièrement et jeter ceux qui ont été utilisés», conseille-t-il. Il est d’avis que ce sont surtout les membres du personnel soignant, qui sont en contact avec les porteurs du virus AH1N1, qui doivent porter des masques. Se laver les mains régulièrement, utiliser un mouchoir jetable pour se moucher, porter la main à la bouche en cas de toux et d’éternuement, avoir une bonne hygiène – tels sont les principaux conseils de prévention du ministère.

    Ce que dit le communiqué du Conseil des ministres: «Le GM a la situation bien en main»

    Le gouvernement suit de près l’évolution, de la situation concernant l’évolution de la grippe A(H1N1) à Maurice aussi bien qu’à Rodrigues. À ce jour, 29 cas d’infection confirmée ont été enregistrés à Maurice et un cas a été noté à Rodrigues. Trois cas de mortalité ont aussi été enregistrés. Six patients sont actuellement sous traitement dans les salles d’isolement des hôpitaux. Parmi se trouve un étudiant de Upper VI du collège d’État Sookdeo Bissoondoyal qui a été admis à l’hôpital Jawaharlal Nehru, Rose-Belle. Un centre d’isolement a été créé dans chaque hôpital du pays pour l’admission des cas positifs. Des unités spéciales, désignées comme des Flu-Clinics, ont été aménagées dans les quatre hôpitaux régionaux et dans les centres de santé régionaux pour accueillir les malades souffrant d’influenza. L’unité de Flacq ouvrira ses portes lundi prochain.
    De plus, une campagne nationale pour le lavement des mains a été lancée mercredi dernier à l’école du gouvernement Sir Veerasamy Ringadoo. Une campagne identique sera lancée à l’école primaire Daneswock Sewraz de Triolet.

    Abdullah Khameery: « Mon fils est mort après m’avoir demandé de quoi boire »

    Mohammad Yussa Khameery, 29 ans, est décédé de la grippe A aux petites heures du matin le vendredi 14 août. Cet ex-habitant de la capitale s’est rendu au dispensaire Idrice Goomany le lundi 10 août parce qu’il avait des brûlures d’estomac. Il faisait aussi de la fièvre. Le lendemain, il pouvait à peine tenir sur ses jambes.

    C’est à bord d’un taxi que sa femme Shamima l’emmène au dispensaire. Un médecin lui prescrit des calmants. Mais il sentait tellement mal qu’il demande à être conduit à l’hôpital Jeetoo, Port-Louis. « Il a attendu pendant quatre heures avant d’être hospitalisé à la salle B1. Il avait les pieds enflés », raconte Shezad Kheddoo, son beau-frère. C’est à son père Abdullah, 54 ans, qu’il adressera ses dernières paroles le mercredi 13 août. «Pa, faire moi boire ! Mo soif ! » a-t-il dit à son père.

    Son état devait se détériorer considérablement dans la nuit du mercredi. Il sera transféré à l’unité des soins intensifs (ICU) où il sera mis sous respiration artificielle. « Yussa est resté dans un état comateux jusqu’à sa mort vendredi aux petites heures du matin. Ce n’est que le jeudi 13 à 16 heures que le personnel soignant a reçu les résultats du laboratoire pour confirmer qu’il était porteur du virus de la grippe A. Nous déplorons cela parce que nous estimons que Yussa n’a pas eu les soins voulus à temps pour éviter le pire. Si bizin investi dans l’appareil encore pour faire plis tests, acheter li ène fois avant ki les autres dimounes perdi la vie ! », martèle-t-il
    Kheddoo. Yussa Khameery laisse derrière lui une fille de sept ans, Warda. Atteinte d’un handicap mental, celle-ci ignore qu’elle ne reverra plus son père…Quant à la mère de Yussa, elle a presque perdu la tête en faisant une grave dépression. Elle refuse d’accepter la mort de son unique enfant.

    Les derniers mots de la petite Farheen : « Mama, pran moi ! »

    La petite Farheen Umayrafa Ausgur s’en est allée, jeudi matin vers 8 h 15, à l’hôpital Victoria, Can dos. Cette fillette de quatre ans a été testée positive du virus de la grippe A. Ses parents se demandent si ce test a été effectué avant son décès ou après.

    Ils n’arrivent toujours pas à comprendre. Farheen a commencé à faire une petite fièvre le dimanche 9 août, après avoir passé quelques jours chez sa grand-mère maternelle à Vallée-Pitot. Sa maman l’a emmenée chez un généraliste qui a conseillé qu’elle soit vue par un pédiatre. Elle a été vue à nouveau par ce pédiatre dans une clinique privée le mercredi 12 août. Il recommandera que la fillette soit emmenée à l’hôpital Victoria pour y subir un test qui n’était pas disponible à la clinique. Elle y sera hospitalisée.

    Nasreen Ausgur, 32 ans, est restée avec sa fille à l’hôpital en permanence. « Ma fille ne faisait pas de forte température. Mais elle avait les bronches serrées. À aucun moment, je n’ai pensé au pire », relate cette habitante d’Engrais Martial, Castel. Les dernières paroles de Farheen à sa maman ont été : «Mama, pran moi ! »

    Les Ausgur déplorent le suivi dont ils ont fait l’objet de la part du personnel soignant du ministère. « Un médecin est venu déposer les médicaments dans la rue avec un proche, sans même venir chez nous pour voir si nous allions bien. Et encore moins nous donner des conseils. Une équipe médicale est venue par la suite, rien que pour la forme. Le père de Farheen aurait dû par exemple être soumis au test de la grippe A, vu qu’il est en contact avec des touristes. Il est chauffeur dans une agence de voyages. Mais, rien n’a été fait », déplorent-ils.

    Raj Dayal propose des field hospitals

    L’ancien Commissaire de Police Raj Dayal propose la mise sur pied immédiate de « field hospitals » dans des endroits isolés. Les moyens ne manquent pas pour créer de telles infrastructures, soutient-il. «Au lieu d’accueillir les cas suspects de la grippe AH1N1 dans les hôpitaux, le gouvernement aurait dû au contraire les canaliser vers des field hospitals. Il faudrait éviter à tout prix d’exposer les hôpitaux du pays à des risques énormes d’infection vu le grand nombre de personnes qui s’y rendent pour divers traitements sinon pour des visites à des parents », aoute-t-il. Raj Dayal propose aussi la création d’un « disaster centre » pour permettre au gouvernement de faire face à la crise provoquée par l’épidémie du virus H1N1 dans le pays.

    Le petit Ryan aussi ?

    Il y a de fortes chances que le petit Ryan, 2 ans, soit mort également de la grippe A, comme le soupçonnent les médecins qui l’ont traité à l’hôpital Jeetoo. Il est décédé le vendredi 14 août chez sa maman, Dominique Antoine, à Ste-Croix. Le ministère de la Santé ne s’est pas prononcé jusqu’ici sur ce cas vu que les analyses se poursuivent. « Nous n’avons pu faire de Throat Swab – prélèvement des tissus de la gorge – sur l’enfant vu qu’il avait déjà rendu l’âme lorsqu’il a été emmené à l’hôpital. Nous avons dû effectuer d’autres analyses mais les résultats ne sont pas encore disponibles », précise une source. Mme Antoine a emmené son fils au dispensaire de la localité le jeudi 13 août parce qu’il avait les bronches congestionnées. Un médecin lui a prescrit des antibiotiques et des médicaments contre la toux. Toutefois, son état s’est détérioré rapidement. Le bébé a été «brought in dead» à l’hôpital par sa mère le vendredi 14 août vers neuf heures. L’autopsie a conclu à une pneumonie foudroyante.

    Bunwaree : « Les écoles resteront ouvertes »

    À jeudi, 219 élèves des institutions privées et publiques ont été renvoyés. Ces derniers présentaient des symptômes de grippe. Le Dr Vasant Bunwaree, ministre de l’Éducation, a précisé qu’un seul cas s’est avéré positif. Ce dernier étudie au collège Sookdeo Bissoondoyal et a été admis à l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle. Le ministre assure que toutes les dispositions ont été prises pour le suivi des élèves.

    Il a ajouté que les parents ont toutes les raisons de s’inquiéter, mais que la vigilance est au top niveau. Des mesures sont en place dans tous les établissements scolaires de l’île. Chacune d’elle est dotée d’une petite salle pour abriter les enfants ou les profs malades. Selon les procédures établies, un enfant malade sera conduit au centre de santé le plus proche et le médecin décidera de la marche à suivre. Sans vouloir effrayer la population, il affirme qu’il faut prendre des précautions et ne pas envoyer un enfant à l’école s’il présente des symptômes de grippe.

    Toutefois, il est essentiel d’en informer l’école. En attendant, tous les établissements de l’île resteront ouverts, a insisté le ministre Bunwaree. « À l’étranger, là où les cours sont suspendus, le problème n’est pas encore résolu», a t-il indiqué.

    Pour sa part, Naraindranath Gopee, président de la Government Secondary School Teacher’s Union, insiste sur la fermeture des écoles. « Ces derniers jours, on a noté beaucoup d’enfants malades. Dans l’intérêt des élèves, nous réclamons la fermeture des institutions. Fermons nos écoles pour les désinfecter. Cela prendra peut-être une semaine, mais nous acceptons de rendre ces journées perdues par la suite. Notre priorité, c’est la santé des étudiants et du personnel enseignant », ajoute-t-il.

    Lors de son point de presse de vendredi, le ministre a aussi évoqué les procédures pour la nomination d’un directeur à la Tertiary Education Commission. Il a critiqué la façon de faire de certaines personnes, notamment du leader de l’Opposition et autres professionnels. Il a également salué le silence de l’Acting Director, le Prof Praveen Mohadeb, concernant les allégations portées contre lui.
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