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Il n'y a pas de grippe aviaire en Guinée mais la grippe H1N1, selon Dr Sakoba Keïta

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  • Il n'y a pas de grippe aviaire en Guinée mais la grippe H1N1, selon Dr Sakoba Keïta

    <TABLE cellSpacing=1 cellPadding=1 width=476 bgColor=#ffffff border=0><TBODY><TR><TD class=menu vAlign=top align=left width="100%" background=../images/backgrounds/background_blue.gif colSpan=2>Sciences et santé - Il n'y a pas de grippe aviaire en Guinée mais la grippe H1N1, selon Dr Sakoba Keïta. </TD></TR></TR><TR><TD class=texte vAlign=center align=middle width="100%" bgColor=#666666 colSpan=2>posté le 5 mai à 16h31 | mis à jour le 5 mai à 16h35 | affiché 1072 fois </TD></TR></TBODY></TABLE>



    Dr Sakoba Kéïta, chef de division prévention et lutte contre la maladie à la direction nationale de la santé publique affrirme dans une un einterview avec Guinéenews© qu’«Il n’a jamais été question de grippe aviaire mais de la grippe H1N1.»

    Pourtant, une folle rumeur sur la détection des cas de grippe aviaire H5N1 au lieu de grippe H1N1 a récemment fait le tour de la capitale Conakry. Pour donc couper court malgré la déclaration du ministre en charge de la Santé Publique, Guinéenews © est allé rencontrer le ‘’Monsieur Prévention et Lutte contre la maladie’’ à la direction nationale dudit département.

    Dans cet entretien, le Dr Sakoba Kéïta nous parle du type de grippe détectée en Guinée, sa symptomatologie, son niveau d’évolution dans le pays, les dispositions prises pour la prise en charge des personnes contaminées, pour la prévention…

    Guinéenews© : Il vient d’être détecté des cas de grippe sur le territoire guinéen. En tant que chef de division prévention et lutte contre la maladie, pouvez-vous nous dire de quel type de grippe s’agit-il ?

    Dr Sakoba Kéïta :
    Je commence d’abord par apporter des rectificatifs à certaines informations qui ont été répandues il n’y a pas longtemps par certains médias de la place. Mais cela au compte d’une erreur de compréhension de leur part. En Guinée ici, pour le moment, il n’a jamais été question de grippe aviaire. Au fait nous parlons toujours principalement de trois types de grippe. Il y a la grippe saisonnière qui est provoquée par un type de virus que nous appelons le virus H3N2. Il est très différent du virus de la grippe aviaire qui sévit mais la Guinée n’a jamais enregistré un seul cas de grippe aviaire. Le virus de cette grippe s’appelle H5N1. Présentement la grippe qui sévit en Guinée est AH1N1. Ce sont des grippes cousins. Il y a plusieurs types de virus dans le monde. Mais il y en a qui ne causent pas de maladie. Par contre, il y a d’autres qui peuvent provoquer des maladies. Les plus fréquemment rencontrées sont ces trois types de grippes. Nous avons comme je le disais tantôt la grippe H1N1 qui a fait les grandes pandémies. Elle a été détectée au Mexique en mars de l’année dernière et qui, très rapidement, a atteint les cinq continents et touché plus de deux cent pays. A l’heure où je vous parle, cette grippe a déjà causé la mort de plus de 17700 personnes. En plus en Afrique, il y a 30 pays y compris la Guinée sur 46 qui ont eu à notifier 18085 cas dont 167 décès. La grippe aviaire à ce que je sache, il n’y a jamais eu un seul cas détecté dans notre pays. Par contre, la grippe saisonnière pratiquement chaque année, on enregistre des cas que nous connaissons tous. Chaque année, pendant les périodes chaudes, il y a beaucoup de cas de grippe. C’est cette grippe là qui est causée par le virus H3N2 différente du virus de la grippe aviaire, H5N1 et la grippe pandémique H1N1.

    Guinéenews© : A ce jour, quel est le nombre de cas du virus H1N1 détectés et que pouvez-vous nous dresser en termes de bilan par rapport à l’évolution de ce type de grippe ?

    Dr Sakoba Kéïta :
    Parler du nombre de cas exacts détectés en Guinée… bon ! Nous n’allons pas vous donner un chiffre exact ; parce que la grippe H1N1 symptomatiquement ressemble aux deux autres grippes. Ce n’est qu’à des différences de symptomatologie près qui ne pourra même différencier les cas. Sinon toutes présentent les mêmes symptômes. A savoir : la fièvre, l’écoulement nasal, la toux, les courbatures, c'est-à-dire les douleurs musculaires et à quelques exceptions près, la grippe H1N1 peut provoquer des vomissements et des diarrhées. Très fréquemment, cela n’est pas le cas avec la grippe saisonnière et les autres cas de grippe. Donc toutes les trois peuvent se compliquer et provoquer des pneumonies, voire provoquer des problèmes au niveau du cerveau et l’individu peut trouver la mort. La mortalité, on nous dit qu’elle est très faible dans les pays où elle a sévit. Donc ce qui veut dire qu’elle cause très peu de cas de décès.

    Guinéenews© : Selon vos explications, on a l’impression que vos services ne disposent pas pour le moment de statistiques précises. Si la maladie est difficilement mortelle, dites comment se transmet-elle d’une personne à une autre ?

    Dr Sakoba Kéïta :
    Nous disposons des chiffres. Dès l’annonce des premiers cas au Mexique, l’OMS a é tous les pays dont la Guinée. A partir de cette e, nous avons renforcé notre système de surveillance. C’est grâce à ce renforcement que nous avons pu détecter les trois (3) cas confirmés par les laboratoires de l’Institut Pasteur de Dakar. Donc ce sont ces trois cas que nous considérerons comme vraiment des cas de grippe H1N1 en Guinée. Mais on avait en instance au niveau des mêmes structures de Dakar, 70 échantillons de cas de grippe. Il y a deux ou trois jours, on nous a informé que parmi ces 70 échantillons, il y a 50 qui sont négatifs de grippe H1N1. Donc c’était des cas de grippe saisonnière. Tant que le laboratoire ne fait pas la différence, il est difficile pour nous, face à un citoyen qui fait la grippe de dire qu’il souffre d’un cas de grippe H1N1 que ce n’est pas un cas de grippe H3N2 ou grippe saisonnière. Pour le moment, nous on prend tous les cas de grippe et on prélève les échantillons, on les envoie à Dakar. C’est là- bas qu’on nous fait la différenciation. Voilà le mode de transmission d’une grippe, je crois que la plus d’entre nous le connaissent. Ce virus qui est responsable de cette maladie se transmet d’une personne malade à une personne saine. Quand il tousse de façon très proche de la personne contaminée, le virus sort dans les sécrétions et en ce moment lorsque vous inhalez cette sécrétion, vous pouvez contracter ce virus ou à travers les mains sales. Quand quelqu’un tousse, il met la main à la bouche, c’est donc ces sécrétions qui adhèrent aux paumes de la main, s’il nettoie par la suite son nez avec, ou bien, met la main au niveau des yeux, le virus peut être contracté de cette façon. S’il salue, comme les guinéens aiment les embrassades etc, tu embrasses quelqu’un qui est grippé, automatiquement c’est plus facile encore de respirer l’air qui sort de son nez, ainsi tu peux attraper le virus. Nous disons que c’est par le contact avec quelqu’un qui est porteur de grippe et que vous pouvez être exposé à ce virus.

    Guinéenews ©: Pour faire la situation, quelles sont aujourd’hui les dispositions prises par vos services ?

    Dr Sakoba Kéïta
    : Il y a eu beaucoup de mesures. Peut-être que je ne vais pas vous citer toutes. Néanmoins, je m’en vais vous donner les grandes lignes. Premièrement, nous avons déjà élaboré un plan d’action pour prévenir et contrôler cette pandémie. Ces plans avaient une phase, c’est la phase où la Guinée n’avait pas encore détecté de cas où il fallait former les agents et sensibiliser la population, contrôler les voyageurs qui rentrent. On a donc pris ces mesures à l’aéroport et dans les différents points d’entrée. Maintenant que nous avons des cas enregistrés, nous allons renforcer ces mesures de surveillance et renforcer notre capacité de prise en charge des cas compliqués éventuels que nous pouvons avoir. C’est ainsi qu’on a fait un stock de 12360 plaquettes qui étaient prévues pour les cas compliqués. Actuellement, on demande de ramener ce stock jusqu’à 25 mille doses. En plus de cela, vous comprendrez qu’on a eu un retard dans la confirmation des échantillons qui ont été envoyés à Dakar. Le premier cas était détecté par nos services depuis le 2 décembre de l’année dernière, ce n’est que le 9 avril qu’on a eu le résultat. Donc imaginez-vous, si on avait un moyen de diagnostiquer sur place, je crois que cette période pourrait être relativement réduite, grâce à notre collaboration avec certains partenaires pour que, désormais, la Guinée ait un appareil qu’on appelle BCR. Cela va nous permettre d’avoir à temps réel les confirmations sur place. Ce qui nous permettra d’agir le plus rapidement que possible contre ce virus. En dernier lieu, nous avons pris des mesures de vaccination de la population. Surtout les populations les plus fragiles. C’est en général plus de 85 de ces cas de grippe, en trois jours avec les médicaments ordinaires, les anti-inflammatoires, genres de paracétamol ou d’aspirine, ils peuvent vraiment se remettre sans trop d’incapacité sur les porteurs de cette grippe. Mais chez quelques groupes de personnes, cette maladie peut se compliquer, même tuer l’intéressé. Nous voulons dire, premièrement, les femmes sont très vulnérables à ce genre de grippe. En plus, toute personne porteuse de maladies chroniques tels le diabète, l’hypertension, l’asthme et les gens qui ont déjà les infigèmes, des problèmes respiratoires, une fois que cette maladie va se gripper, compliquer leur situation davantage. Lorsque nous allons recevoir le vaccin en sous peu de temps, ces personnes- là seront vaccinées en priorité. Ajouté à cela, le personnel de santé qui reçoit les gens et souvent les gens qui arrivent, on ne sait pas quelle maladie ils portent. Il y a beaucoup de patients qui toussent dans la figure de nos agents de santé. Ceux-ci en contre partie peuvent attraper cette maladie sous cette forme. Voilà donc les grandes lignes de nos mesures de riposte. Toutes ces mesures seront soutenues par une information, une sensibilisation de la population. Parce que, quelles que soient les mesures de prise en charge, si on ne prévient pas la maladie, on risque tous d’être débordés. Il y’a des petits gestes qui nous permettent de limiter la propagation de cette maladie.

    Guinéenews ©: Vos services ont-ils la capacité requise et des vaccins à dose suffisante pour contenir la pandémie ?

    Dr Sakoba Kéïta :
    A l’heure où je vous parle, parler de capacité réelle de nos services, est un peu trop exagéré. Pour le moment, nous n’avons pas une seule dose de vaccin. Mais nous avons déjà de forte promesse de la part de l’OMS pour donner une certaine quantité de vaccins à la Guinée. Pour le moment, nous sommes en train de négocier 209 mille doses de vaccins en commun accord avec l’OMS pour fournir à la Guinée. C’est là que nous attirons l’attention de la population que ce vaccin est payé à un prix peu cher. C’est à 9 euros que coûte une dose de vaccin. Donc si vous multipliez ces 9 euros, vous vous rendrez compte que c’est une forte somme que nous devons mobiliser. Non seulement, il faut payer la dose de vaccin mais il faut aussi payer le matériel de vaccination, les frais de déplacement des agents. Tous ces coûts sont déjà calculés. Le plus important c’était le prix du vaccin pour lequel l’Etat a mis à notre disposition des seringues pour l’administration de ces vaccins. Nous pensons que d’ici à fin mai, ces vaccins seront disponibles dans notre pays. En outre, l’OMS nous avait donné un premier stock de Tamiflu. Le Tamiflu est un médicament très cher. C’est dix capsules que nous donnons contre cette grippe. C’est un produit très efficace contre cette grippe. Mais le petit paquet de 2 capsules coûte 61, 35 euros. Vous vous imaginez si on convertit en francs guinéens, combien ça aurait coûté ! Mais déjà, nous avons la garantie des partenaires qui vont mettre cette quantité sollicitée à notre disposition. Pour l’instant, nous avons ce médicament dans tous les hôpitaux régionaux. Dans les 2 CHU de Conakry et à l’hôpital Ambroise Paré et au dispensaire du port, nous avons pré-positionné les premiers stocks reçus pour parer à toute éventualité. Tous les cas graves qui seront dans ces différents services dont je viens de citer les noms, recevront ce traitement gratuitement. Ils en ont encore un grand stock et nous aussi, nous avons un stock au niveau de notre service.

    Guinéenews© : Vous dîtes avoir fait estimation du coût global. Peut-on savoir à combien s’élève les frais ?

    Dr Sakoba Kéïta
    : Le coût global du plan d’action estimé est autour de 5 millions de dollars US. Mais sur ces 5 millions déjà, si vous retirez le coût du vaccin, le coût des médicaments, cela nous ramène autour de 4 millions 700 mille dollars et qui va être fourni par l’OMS. Le GAP est donc en train d’être négocié avec d’autres partenaires, l’Etat même, pour que nous puissions exécuter ce plan d’action.

    Guinéenews© : Vous venez de dire que d’importants stocks ont été pré-positionnés au niveau de certains hôpitaux, CHU et dispensaires de la capitale. Est-ce à dire que c’est Conakry qui constitue le principal foyer de cette grippe ?

    Dr Sakoba Kéïta :
    Conakry, je l’ai dit à cause premièrement, du fait qu’un grand nombre de personnes y résident. La ville de Conakry a plus de 2 millions d’habitants. C’est aussi parce qu’elle a les points d’entrée les plus importants du pays. Je veux parler du port et de l’aéroport. Dites-vous qu’on a plus de 5 mille passagers par semaine qui rentrent à Conakry. C’est vraiment une entrée importante qu’il faut contrôler. Mais cela ne fait pas qu’on peut oublier les préfectures de l’intérieur du pays. L’hôpital de Kamsar par exemple, a reçu les mêmes dotations que l’hôpital Ignace Deen. Les hôpitaux régionaux de Boké, de Kindia, Mamou, Labé, Kankan, Faranah et Nzérékoré, ont tous reçu chacun sa dotation de ce médicament. Nous sommes en contact avec eux de façon régulière.

    Guineenews© : Quels conseils pour prévenir ou éviter d’attraper cette grippe ?

    Dr Sakoba Kéïta
    : Les mesures préventives sont nombreuses. D’abord, nous invitons la population d’être très vigilante face au cas de grippe. Qu’elle soit une grippe saisonnière ou H1N1, la prévention est pratiquement la même chose. Il faut éviter de tousser en public. Utiliser des mouchoirs pour couvrir la bouche en toussant. Eviter de fréquenter les lieux publics. Laver régulièrement les mains. Chaque fois que vous toussez, avant de saluer un autre confrère, il faut vous laver les mains ou vous l’avisez pourquoi vous ne lui avez pas donné votre main. Chaque fois que vous devez parler avec quelqu’un, vous devez être séparés au moins d’un mètre pour éviter la contagion. Donc si chacun de nous se présentait dans nos services de santé chaque fois qu’il a la grippe, il recevrait les conseils nécessaires et cela nous aiderait aussi à savoir quelle est la nature de grippe. Nous invitons donc tout un chacun, tous ceux qui ont des grippes de se présenter dans nos services, ils seront pris en charge sur plan consultation et ils recevront les conseils nécessaires pour éviter non seulement de contaminer sa famille, des voisins et des proches. Avec ces mesures préventives et le lavage des mains très fréquemment et éviter aussi des embrassades quand on se rencontre, se donner des bises. Voilà tout ça peut amener à contaminer vos conjoints ou votre interlocuteur. Je pense qu’avec tous ces gestes, on peut considérablement réduire le risque de propagation de ces maladies grippales.

    Propos recueillis par Camara Moro Amara pour Guinéenews©

    http://www.guineenews.org/articles/?num=201055163129
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