GRIPPE H1N1 : Les chercheurs du NIH prévoient comment sera la prochaine épidémie

NIH- MIDAS
Alors que les États-Unis se préparent pour la prochaine saison grippale, à grand renfort de vaccination, un groupe de chercheurs financés par les National Institutes of Health « modélise » la manière dont la grippe H1N1 pourrait se propager. Ce programme qui mobilise plus de 50 scientifiques non seulement estime la virulence possible du virus mais tire des conclusions sur les principales interventions à déclencher, ou non, en cas d’épidémie…
Ce travail fait partie d'un programme, dit Models of Infectious Disease Agent Study (MIDAS) de développement de modèles informatiques pour réaliser des expériences virtuelles de la façon dont les agents pathogènes émergents pourraient se propager, avec ou sans interventions humaines. L'étude met à contribution plus de 50 scientifiques spécialisés en épidémiologie, en maladies infectieuses, en biologie, statistiques, sciences sociales, physique et sciences de l'informatique.
Dès que les premiers cas de H1N1 ont été signalés en avril 2009, les chercheurs ont commencé la collecte de données MIDAS sur la propagation du virus et les populations touchées. Cette information leur a permis de modéliser les résultats potentiels des différentes interventions, dont la vaccination, le traitement par antiviraux ou encore la fermeture des écoles. Un travail basé sur les modèles précédents développés en réponse aux préoccupations concernant différentes souches de grippe, H5N1 y compris.
«La modélisation informatique peut être un outil puissant pour comprendre comment une épidémie se propage et prévoir les conséquences des mesures de santé publique", déclare le Pr. Jeremy M. Berg, directeur du National Institute of General Medical Sciences, qui soutient le programme MIDAS.
Parce que la souche de la grippe H1N1 est toujours en circulation, un groupe de chercheurs, basé à l'Université de Washington à Seattle étudie actuellement l'impact que le virus pourrait avoir cet automne et cet hiver. Le modèle, qui inclut la population mondiale, intègre aussi des informations sur l'immunité par la vaccination. En utilisant ce modèle, les scientifiques peuvent être en mesure de prédire comment va évoluer H1N1 avec un rôle possible de la souche H3N2, qui a toujours été le virus dominant de la grippe saisonnière.
Voici leurs principales conclusions :
· Estimation de la gravité : Les chercheurs ont estimé qu'environ 1 à 70 personnes symptomatiques ont été admises à l'hôpital, 1 pour 400 a eu besoin de soins intensifs et 1 personne sur 2.000 est décédée. Ils confirment qu’H1N1 ne peut pas être plus et sera peut-être même moins sévère que la souche de la grippe saisonnière habituelle. Leurs travaux, qui prennent en compte les spécificités locales dans la détection de la grippe et sa surveillance, montrent qu'il est possible de faire des prédictions au sujet de la gravité de l’épidémie dès les premiers stades d'une épidémie.
· La vaccination des enfants : Le modèle de simulation pour évaluer l'efficacité de différentes stratégies pour vacciner les enfants d'âge scolaire, montrent que la vaccination de ce groupe d'âge a sensiblement réduit la propagation globale de la maladie et a empêché jusqu'à 100 millions de cas supplémentaires dans la population générale. Ces effets ont cependant été moins élevés en deçà d’ue couverture vaccinale minimum. Les stratégies de vaccination devraient donc dépendre d'un certain nombre de facteurs dont des taux de transmission virale.
· La vaccination en entreprise : Un modèle a estimé que le coût pour l'employeur doit être inférieur à 35 $ par employé vacciné, pour un potentiel d'économies de 15 $ à $ 1,494 par employé, selon la contagiosité du virus. Une conclusion bien économique !
· Approches communautaires : des modèles représentant la démographie de Miami, Seattle et chaque comté de Washington ont indiqué que, bien que la vaccination des enfants d'âge scolaire reste partout la meilleure stratégie, la prise en compte de la démographie locale comme l'âge, le revenu, la taille du ménage et les modèles de réseaux sociaux est très utile pour préciser les stratégies d'intervention.
· Antiviraux : la modélisation mathématique pour estimer la probabilité que la souche H1N1 pourrait développer une résistance à l'utilisation généralisée des antiviraux a montré que donner un médicament contre la grippe avant ou en combinaison avec un antiviral primaire pourrait atténuer l'émergence de souches résistantes, et, en plus, ralentir la propagation de l'infection.
· La fermeture des écoles : Selon le modèle, la fermeture des écoles peut retarder le pic de l'épidémie jusqu'à 1 semaine, laissant plus de temps pour mettre en œuvre d'autres interventions. Cependant, le modèle indique que la fermeture des écoles durant moins de 2 semaines pourrait effectivement faciliter la propagation de la grippe en permettant le retour des élèves encore sensibles à l'école.
«Des modèles comme ceux du « MIDAS » nous aident à comprendre non seulement les tendances de propagation de la maladie, mais également comment différents facteurs peuvent influer sur ces tendances »
Sources : NIH, MIDAS(Visuels), « NIH Study Models H1N1 Flu Spread », traduction, adaptation, mise en ligne, Alexis Yapnine, Santé log, le 22 septembre 2010