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Pandémie grippale/Un an de recherches en France

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    Pandémie grippale/Un an de recherches en France

    Les formes graves ont surtout touché les 15-64 ans

    Près d’un an après l’émergence du virus A(H1N1)v sur notre territoire, l’Institut de microbiologie et de maladies Infectieuses (IMMI) de l’INSERM, chargé, au nom de l’AVIESAN (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé)*, de coordonner les recherches lancées dans cette situation d’urgence, fait le bilan.

    SELON LES CHIFFRES officiels donnés par l’Organisation mondiale de la santé, la grippe A (H1N1), a été responsable de 18 156 décès dans 213 pays. En France, le pic épidémique a eu lieu fin-novembre-début décembre 2009 et l’Institut de veille sanitaire (InVS) estime que de 7,7 à 14,7 millions de personnes ont été infectées en métropole. Contrairement aux grippes saisonnières, l’épidémie a touché majoritairement les moins de 65 ans. Si le nombre de décès directement imputable à la grippe apparaît plus faible que lors des grippes saisonnières, l’âge des personnes décédées incite néanmoins à réfléchir en termes d’« années de vie perdues ».
    Les 15-64 ans ont été particulièrement touchés par des formes graves de la grippe pandémique puisqu’ils représentent 66 % des décès, contre 7 % en moyenne pour la grippe saisonnière.
    En avril 2010, l’InVS recensait 1 334 formes graves, dont 74 % chez les 15-64 ans et 312 décès. Selon l’Institut, 80 % des patients en soins intensifs présentaient des pathologies associées et notamment des maladies respiratoires. Présenter une obésité morbide (avec un IMC › 40), être enceinte ou avoir moins de 1 an durant l’épidémie ont constitué des facteurs de risque de grippe sévère ; les deux premiers facteurs n’étant pas associés à un risque accru pour la grippe saisonnière.
    Un registre national sur la grippe pandémique au cours de la grossesse a été ouvert entre le 1<sup>er</sup> septembre et le 31 décembre 2009. Sur 315 patientes recensées, 40 ont été hospitalisées en réanimation et 3 sont décédées. Les analyses préliminaires confirment que la grossesse, et notamment le 3<sup>e</sup> trimestre, représente un facteur de risque de grippe sévère, avec des conséquences lourdes pour la mère et moindres pour l’enfant. L e nombre de cas sévères et la mortalité maternelle des femmes apparaît plus faible en France que dans d’autres pays, ce qui pourrait s’expliquer par les recommandations de prescription précoce d’oseltamivir aux femmes enceintes.

    Pas plus de 10 % de vaccinés.

    En ce qui concerne la vaccination, son acceptabilité par les Français a été globalement faible. Le taux de vaccination de la population française contre la grippe A est estimé entre 8 et 10 % (5,7 millions de personnes) contre 24 % aux États-Unis et 74 % au Canada. Plusieurs essais cliniques et cohortes vaccinales ont été lancées dans les populations à risque afin d’étudier l’efficacité et l’innocuité du vaccin : personnes infectées par le VIH, femmes enceintes, patients transplantés rénaux. Ces populations ont été vaccinées avec le vaccin sans adjuvant. D’autres études ont été conduites chez les patients greffés de moelle, suivis pour une maladie auto-immune, une mucoviscidose ou une maladie tumorale.
    Enfin, en ce qui concerne le virus A(H1N1)v, des chercheurs ont étudié la capacité de réassortiment du virus H1N1 avec des virus H1N1 saisonniers naturellement résistants à l’oseltamivir. Bien que le virus H1N1 2009 montre un potentiel de réassortiment in vitro, il s’est révélé très stable au sein de la population durant l’épidémie et aucune mutation n’a pu être associée à ce jour à une plus forte virulence. Des travaux sont en cours pour déterminer si certaines formes graves observées peuvent être mises en relation avec des mutations génétiques du virus.

    › Dr BRIGITTE VALLOIS

    * L’Alliance réunit, entre autres, les CHRU, le CNRS, l’INSERM et l’Institut Pasteur.

    Le Quotidien du Médecin du : 28/06/2010
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