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Silence radio sur l’Islande ! - Retour sur la révolution des casseroles de 2009

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  • Silence radio sur l’Islande ! - Retour sur la révolution des casseroles de 2009

    Crédits: Fabrice Montal

    SANS NOUVELLES D’ISLANDE : POURQUOI ?

    Silence radio sur l’Islande !

    SOURCE : LISTE PARTIDEGAUCHE 84
    samedi 31 mars 2012, par Forum Civique Européen

    Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit ces dernières semaines sur ce qui se passe en Islande. Ou si le mot censure est considéré comme un terme exagéré dans le politiquement correct ou cela ne peut plus se dire : pourquoi on écarte ces informations qui viennent d’être adressées à Journarles par un lecteur ? Arrêt sur texte. Trois minutes . Instructif.

    En Islande,


    le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
    les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
    une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.

    Et tout cela, pacifiquement. Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise. Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans. Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ? Brièvement, voici l’histoire des faits :

    2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.
    2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement. La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.
    2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum. En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire. En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix.

    Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise. Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays. Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.

    Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain. On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.

    L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte. Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.

    Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :

    - Démission en bloc de tout un gouvernement
    - Nationalisation de la banque
    - Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales
    - emprisonnement des responsables de la crise et
    - réécriture de la constitution par les citoyens
    Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ? En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ? A-t-on vu des images de ces faits à la TV ? Bien sûr que non ! Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde.

    /.../

    http://www.journarles.org/spip.php?article829

  • #2
    Re: Silence radio sur l’Islande !

    L'Islande ébranlée par la «révolution des casseroles»

    Stéphane Kovacs, envoyée spéciale à Reykjavik Mis à jour le 04/02/2009 à 14:15 | publié le 02/02/2009 à 14:14 Réactions (32)

    Après la chute du premier ministre, Geir Haarde, les Islandais ont poursuivi samedi à Reykjavik leurs manifestations bruyantes avec tambours, casseroles et bidons pour dénoncer la responsabilité des hommes politiques et des banques dans la banqueroute de leur pays. Crédits photo : AP

    Dans cet ancien «eldorado de l'Arctique», la crise économique a déjà fait tomber le gouvernement, une première en Europe.

    Le tintamarre des casseroles et des poêles à frire, chaque samedi devant le Parlement, a fini par avoir raison du premier ministre islandais. Première victime politique de la crise économique mondiale, Geir Haarde, chef d'un Parti conservateur qui dominait la scène islandaise depuis l'indépendance du pays en 1944, a piteusement quitté le pouvoir lundi dernier, dans une limousine noire maculée d'œufs et de fromage blanc. Mais la «révolution des casseroles», comme on l'appelle à Reykjavik, n'est pas terminée : ce samedi, pour la 17e fois depuis le début de la crise en octobre, ils étaient encore plusieurs centaines à crier leur colère. «Rendez-nous notre argent !», proclament des pancartes. «On veut de nouvelles têtes dans les banques et au gouvernement », martèle Sigrun, agent immobilier qui «n'a rien vendu depuis deux mois». «À peine née, ma fille a déjà une dette de plusieurs milliers de couronnes sur les épaules : c'est fou !», s'exclame Larus, un grand barbu venu avec son bébé de neuf mois.

    Un nouveau gouvernement, coalition entre les deux principaux partis de gauche, a été officiellement investi dimanche par le président. À sa tête, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, 66 ans, ancienne ministre des Affaires sociales, était la plus populaire du cabinet sortant. Des élections anticipées sont prévues le 25 avril. «Cela va dans la bonne direction, concède un retraité. Mais cela ne nous suffit pas : il faut aussi faire tomber David Oddsson.» Le gouverneur de la banque centrale, un conservateur qui fut premier ministre de 1991 à 2004, cristallise toutes les rancœurs : «Il s'en est mis plein les poches et n'a rien fait pour nous sauver !», s'insurge une blonde en manteau de vison. La nouvelle chef du gouvernement a précisé que l'une de ses premières actions serait «de changer la direction de la banque centrale».

    Les Islandais n'oublieront pas l'humiliation d'avoir vu leurs cartes de crédit refusées à l'étranger, et même sur Internet. Ni celle d'avoir été placés «sur la même liste qu'al-Qaida et les talibans» par le gouvernement britannique : Londres n'avait pas hésité, dès octobre, à utiliser la législation antiterroriste pour geler les avoirs des banques islandaises au Royaume-Uni !

    Du coup, tous veulent s'impliquer pour leur pays. Le soir après le travail, le matin dans les piscines d'eau chaude, les Islandais réfléchissent à leur avenir. Il y a le groupe des poètes, celui des musiciens, des philosophes, et même une «cellule d'activistes» masqués, «prêts à dépasser les limites de la légalité». Membre fondateur du «Gouvernement d'urgence des femmes», Kristin Palsdottir, une bibliothécaire de 45 ans, a eu «le déclic» quand elle a vu, en octobre, «tous ces hommes en costume sombre, banquiers et politiques, se réunir au siège du gouvernement». «C'est une crise patriarcale, s'indigne-t-elle. Ce sont ces “nouveaux Vikings” qui ont joué avec notre argent. Il serait temps de créer une société plus juste.» Plusieurs mouvements souhaitent modifier la Constitution, afin d'éviter notamment toute collusion entre les milieux politiques, d'affaires et la justice.

    «On assiste à un immense sursaut citoyen», commente Karl Blondäl, rédacteur en chef adjoint du grand quotidien Morgunbladid. «Un mouvement comparable à ceux qui ont renversé les dictatures d'Europe centrale. Bien sûr, notre système politique n'est pas une dictature, mais il est très critiqué pour sa corruption et son népotisme. Le problème, c'est que ces mouvements n'ont pas d'agenda unifié et que, pour l'instant, nous n'avons vu apparaître aucun Lech Walesa !»

    «On voit des choses incroyables»
    Dans cette petite île pourtant habituée aux éléments déchaînés, la tempête financière a tout soufflé sur son passage : les banques, la monnaie… et les économies de quelque 85 000 petits épargnants. En tête, en 2007, du classement par l'ONU des «pays où l'on vit le mieux», l'Islande et ses 320 000 habitants sont aujourd'hui sous perfusion du FMI.

    /.../

    http://www.lefigaro.fr/international...asseroles-.php

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