Announcement

Collapse
No announcement yet.

BCE: A quoi ressemblera un "QE" à l'européenne ?

Collapse
X
 
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • BCE: A quoi ressemblera un "QE" à l'européenne ?

    BCE: A quoi ressemblera un "QE" à l'européenne ?

    POLITIQUE MONÉTAIRE La BCE voudrait créer de la monnaie. Mais comment faire ?

    Romaric Godin | 26/03/2014, 13:50 - 1891 mots

    Après le "feu vert" de la Bundesbank, la BCE doit entrer dans le concret. Plusieurs options s'ouvrent à elle pour réaliser un "Quantitative Easing" à sa façon. Mais les obstacles ne manquent pas. Revue de détail.

    L'accord de principe que la Bundesbank a fait connaître le 25 mars sur un Quantitative Easing à l'européenne, autrement dit, l'entrée dans une politique ultraccomodante de la BCE ouvre plus de questions qu'elle n'en clos. Quelles mesures seront adoptées ? Pour le moment, il n'existe que des pistes. Pistes dont il n'est pas interdit, cependant, d'explorer l'efficacité et la vraisemblance. A la lumière de plusieurs critères.

    Première restriction : les traités et Karlsruhe

    Les premiers d'entre eux, ce sont évidemment les traités européens. On connaît l'interdiction faite à la BCE de financer directement les Etats et les agences gouvernementales (le fameux article 123). La BCE doit d'autant plus être prudente sur ce front que la Cour de Justice de l'Union européenne examine son programme de rachat illimité d'obligations souveraines (qui n'est pas du QE, car elle serait « stérilisée », autrement dit compensée par des ponctions de liquidités). Or, la plainte a été transmise par la cour constitutionnelle allemande qui a dressé un réquisitoire en règle contre l'OMT et qui menace de pouvoir en bloquer la réalisation outre-Rhin. Autrement dit, la BCE va devoir une méthode acceptable non seulement par la Bundesbank, mais aussi par la Cour de Karlsruhe. Ou bien, il risque d'advenir du QE européen ce qu'il advient de l'OMT.

    Le problème de l'efficience

    Deuxième cadre : celui de l'efficacité. Le financement des pays de la zone euro n'est plus réellement le cœur du problème. Si Chypre risque de ne pas pouvoir lever d'argent sur les marchés avant encore fort longtemps, Portugal et Irlande y sont revenus et leur papier est recherché. L'Espagne et l'Italie voient leurs taux baisser. Même la Grèce peut songer à proposer sa dette aux marchés.

    Le vrai problème est plus aujourd'hui de « reflater », de redonner de l'oxygène à des économies qui sont de plus en plus menacées d'asphyxie par la faible inflation ou l'inflation négative. C'est l'échec de la « doctrine Draghi » du « with low inflation, you can buy more stuff » (« avec une inflation faible, vous pouvez acheter plus de marchandises »). Ce qui est nécessaire aujourd'hui à la zone euro, c'est de relancer l'inflation (par la reprise du crédit et la baisse de l'euro ) afin de permettre aux marges de rebondir, puis aux investissements de repartir. Dans l'esprit de la BCE, l'emploi devrait suivre.

    En passant néanmoins par les banques, les mesures de la BCE risque de perdre en efficacité. Le système bancaire va-t-il soutenir malgré tout l'économie, alors que le prix de l'argent sur le marché interbancaire est déjà très faible dans la zone euro et que la liquidité disponible existe ? Le problème majeur de la BCE sera celui d'ajouter de l'eau dans l'océan, alors qu'il faut irriguer les terres. Sans parler, évidemment, de l'écueil majeur : la fragmentation du secteur bancaire en zone euro qui s'est améliorée, mais qui est lion d'avoir disparu.

    Les risques : l'hyperinflation

    Mais il y a là des risques considérables. Le premier, le plus évident et peut-être le moins réel, est celui de l'hyperinflation. En injectant des liquidités dans l'économie, la BCE réduirait massivement la valeur interne et externe de l'euro et conduirait à une explosion des prix et des salaires. Et à une spirale hyperinflationniste. On ne peut écarter une telle logique. Mais il faut rappeler que l'Europe d'aujourd'hui n'est pas l'Allemagne des années 1920 ou l'Amérique latine des années 1980. C'est une région menacée par la déflation, disposant d'un potentiel de croissance faible. Néanmoins, cette menace est prise très au sérieux en Allemagne et la BCE devra donc trouver un moyen de la parer.

    Les risques : alimenter les bulles

    La seconde menace est celle de l'alimentation des bulles financières qui est une autre forme d'hyperinflation. Ce danger est fort réel et la situation américaine et celle des pays émergents le prouvent. En injectant de la liquidité dans le circuit bancaire, on alimente les investissements financiers à outrance et les excès. Des bulles peuvent se créer ici ou là et, en éclatant, déstabiliser à nouveau le système bancaire et replonger le monde dans la crise. C'est ce qui a poussé la BCE, jusqu'à présent, à ne pas accroître trop son bilan et à le réduire dès que cela était possible. Mais la marge de manœuvre de la BCE est désormais fort réduite : si elle veut redonner aux banques les moyens de prêter massivement, elle va devoir accepter ce risque. Peut-être au prix de quelques garde-fous.

    /.../

    http://www.latribune.fr/actualites/e...ampaign=buffer
Working...
X