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Après la crise financière, la guerre civile ?

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  • Après la crise financière, la guerre civile ?

    ...Préparez-vous à "quitter votre région"...

    Le Monde.fr

    La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février. Lire la suite l'article

    Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de 'dislocation géopolitique mondiale', les experts prévoient un 'sauve-qui-peut généralisé' dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. 'Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible.'

    Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteuors, les znes les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

    La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. 'Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs', rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l'Europe, 'où la dangerosité physique directe restera marginale', selon eux.



    FAIRE DES RÉSERVES




    Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une 'crise systémique mondiale', initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une 'très Grande Dépression' aux Etats-Unis....
    Voilà, un article du monde.fr -- on ne parle pas de pandémie mais de l'impact de la crise économique mondiale... c'est tout comme.
    Merci à tous les Flutrackers ~ acharnés ~ depuis toutes ces années.
    Ne pas cliquer ici

  • #2
    Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

    Anything is possible if people becoming destabilized.

    Comment


    • #3
      Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

      La suite.....

      GEAB N°32 est disponible! 4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale



      - Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) -






      Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

      Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

      A. Deux phénomènes majeurs :
      1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète
      2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

      B. Deux séquences parallèles :
      1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel
      2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

      Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.




      Evolution des commandes à l’industrie au cours du 4° trimestre 2008 (Japon, Etats-Unis, zone Euro, Royaume-Uni, Chine, Inde) - Sources : MarketOracle / JPMorgan

      L'Histoire n'étant pas particulièrement patiente, cette cinquième phase de la crise va donc entamer ce processus de reconstruction mais de manière brutale, par la dislocation complète du système préexistant. Et les deux séquences parallèles, décrites dans ce GEAB N°32, qui vont organiser les évènements promettent d'être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux.

      Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.

      Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.




      Evolution de la base monétaire des Etats-Unis - (12/2002 – 12/2008) - Source US Federal Reserve / DollarDaze

      Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu'on les connaît être fortement affectés (4), voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l'été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires. C'est à tout cela que s'attachent les recommandations de ce GEAB N°32.

      Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.



      --------
      Notes:

      (1) Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

      (2) Voir GEAB précédents.

      (3) En fait il est même probable que le G20 aura des difficultés croissantes à tout simplement pouvoir se réunir, sur fond de « chacun pour soi ».

      (4) Source : New York Times, 14/02/2009

      (5) Et cela nous paraît vrai également pour les entreprises.




      Dimanche 15 Février 2009


      http://www.leap2020.eu/GEAB-N-32-est-disponible!-4-trimestre-2009-Debut-de-la-phase-5-de-la-crise-systemique-globale-la-phase-de-dislocation_a2796.html

      Lien en anglais:

      http://www.leap2020.eu/GEAB-N-32-is-...cal_a2805.html
      Last edited by Françoise Ramona; February 27, 2009, 03:41 AM. Reason: ajout lien en anglais

      Comment


      • #4
        Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

        <TABLE cellSpacing=0 cellPadding=3 width="100%" bgColor=#ffffff border=0><TBODY><TR><TD align=left>La crise financière résultera-t-elle en affrontements civils?

        PsychoMédia - Publié le 26 février 2009






        </TD></TR></TBODY></TABLE>
        Dans son dernier bulletin de la mi-février, l'European Laboratory of Political Anticipation (aussi connu sous le nom de LEAP/Europe 2020), un groupe de réflexion européen, prévoit au quatrième trimestre de 2009 une phase de "dislocation géopolitique mondiale" qui se conclurait par des logiques d'affrontements (des semi-guerres civiles), rapporte le quotidien Le Monde.

        Cette association a pour but l'anticipation politique et réunit des contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs.

        Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera façonnée par deux phénomènes:

        - la disparition du socle financier (dollars et dettes) sur l'ensemble de la planète;

        - la fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux.

        Selon LEAP/E2020, le Sommet du G20 d'avril 2009 constituerait la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence de cessation de paiement du Royaume-uni, puis des États-Unis ne se mette en branle. Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements.

        Les régions où le système de protection sociale est le plus faible et celles où circulent massivement des armes à feu (seuls les États-Unis sont dans ce cas parmi les grands pays) seraient les plus durement touchées. L'Amérique latine, mais aussi les États-Unis seraient les zones les plus à risques alors que la dangerosité physique directe resterait marginale en Europe, selon selon Franck Biancheri qui dirige l'association.

        Le LEAP alerte aussi sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves.

        "Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire", commente Le Monde, "si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux États-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume- Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis".

        Psychomédia avec sources:
        Le Monde
        europe2020.

        http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modu...ticle&sid=6665

        Comment


        • #5
          Re: Après la crise financière, la guerre civile ?


          Il s'agit des recommandations du LEAP qui sont sous abonnement et que j'ai retracé ailleurs dans un autre forum intitulé "Anti Nouvel Ordre Mondial"

          Recommandations : Comment se préparer à
          la phase de dislocation géopolitique ?


          Je vous laisse un court extrait du LEAP mais neanmoins revelateur d'un changement de ton. Ceux qui connaissent s'en rendront compte.


          Ainsi que nous venons de l'anticiper dans ce GEAB N°**, la phase 5 de la crise systémique globale (4° trimestre 2009) affectera de manières diverse les différents pays et même, au sein d'une même entité politique, ses différentes régions. Cependant, il est possible d'élaborer un certain nombre de recommandations générales destinées à éviter de se retrouver piégé au beau milieu du processus de dislocation géopolitique mondial. Pour cela il est important d'évaluer 3 facteurs majeurs qui déterminent la gravité de la dislocation socio-économique et politique de votre pays ou région.


          Selon LEAP/E2020, ces trois facteurs sont:

          1. Le degré de dangerosité physique directe de la dislocation géopolitique dans votre
          pays/région
          2. Le degré de dépendance de votre région/localité vis-à-vis d'approvisionnements extérieurs
          3. La durée probable d'éventuelle dislocation des principaux services publics et/ou privés

          1. Le degré de dangerosité physique de la dislocation géopolitique dans votre pays/région

          Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), alors, le meilleur moyen de faire face à la dislocation stratégique est de quitter votre région ou votre pays si cela vous est possible, pour vous installer dans
          une région ou un pays moins dangereux physiquement. En effet, la dislocation stratégique entraînera des ruptures de services (nourriture, eau, santé,…) qui risquent de provoquer des affrontements meurtriers si les gens sont armés. LEAP/E2020 a ainsi eu directement connaissance de citoyens américains ayant quitté des états dont la population est fortement adepte du port d'arme pour partir s'installer dans des états où le port d'arme est marginal ou interdit. Notre équipe a pu aussi constater l'arrivée en Europe de citoyens américains plus aisés quittant tout simplement les Etats-Unis devant les risques de dislocation du pays pour venir s'installer dans la zone Euro. Ces phénomènes sont récents, moins de deux mois pour ceux qu'a pu constater LEAP/E2020, mais ils indiquent une tendance plutôt raisonnable. S'il n'y a pas d'armes en circulation en quantités significatives, la dangerosité physique directe de la dislocation restera marginale.



          2. Le degré de dépendance de votre région/localité vis-à-vis d'approvisionnements extérieurs

          Si votre pays/région est particulièrement dépendant de l'extérieur pour son alimentation en énergie, nourriture, eau,… alors il est essentiel de faire des réserves ou bien de penser à partir s'installer dans une région moins dépendante. En effet, le
          développement de la dislocation stratégique d'un pays
          entraîne tout naturellement la rupture de nombreux services et fragilise d'autant plus les communautés éloignées des grands centres ou des lieux de production.



          3. La durée probable d'éventuelle dislocation des principaux services publics et/ou privés


          Dans de nombreux pays ou régions, la dislocation des services publics sera passagère - de l'ordre de quelques jours à quelques semaines. En s'y préparant bien et en s'appuyant sur les liens de voisinage ou familiaux, cette période sera aisément surmontée. En revanche si vous estimez que dans votre
          pays ou région, la dislocation risque de se greffer sur un effondrement du pouvoir central, ou au moins du pouvoir régional, alors il est essentiel soit de se préparer à quitter provisoirement votre région, soit à
          organiser une alternative collective d'ampleur avec les membres de votre communauté.


          Financièrement, l'entrée dans la phase 5 de la crise systémique globale sera caractérisée non seulement par un effondrement du Dollar US et des monnaies affiliées, mais aussi par une crainte généralisée devant toutes les monnaies fiduciaires. Le manque de confiance est en effet très contagieux. Donc, même si vous habitez en zone Euro, Yen ou Yuan59,
          il est important de conserver
          au moins 30% de vos avoirs en métaux précieux
          (or, argent, platine,…)(note de ziril: C'est la premiere fois que le LEAP est aussi explicite sur la
          conservation de metaux precieux...) ou tout autre actif non monétaire facilement échangeable. Nous parlons ici d'avoirs physiques et non pas sous forme de certificats. Très important : éviter de les laisser dans une banque car c'est justement le type d'établissements qui peut se retrouver fermé durablement lors d'un processus de dislocation stratégique.

          Pour les entreprises, il est également essentiel de garder une quantité importante de devises hors des banques pour pouvoir au moins régler les salaires en cas de fermeture du système bancaire.
          Enfin, évitez plus que jamais l'ensemble des instruments financiers proposés par les banques. Outre le risque de les voir bloqués lors de la phase 5 de la crise, les baisses continues de taux d'intérêts par les banques centrales constituent une mise en coupe réglée des épargnants. Restez liquide au maximum pour pouvoir bouger immédiatement si nécessaire.



          PS: a chacun d'en tirer ses conclusions et d'agir en consequence, mais surtout d'agir. Pas rester figé par la peur du mouvement!...
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          http://novusordoseclorum.discutforum...ique-t2003.htm

          Comment


          • #6
            Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

            Les chroniques du "Monde Economie"
            Le danger des demi-v&#233;rit&#233;s en p&#233;riode de crise, par Paul Jorion

            LE MONDE ECONOMIE | 02.03.09 | 16h02 • Mis &#224; jour le 02.03.09 | 16h20

            Supposons que les gouvernements s'occupent activement des int&#233;r&#234;ts de la population en ce moment m&#234;me - et on le souhaite ardemment. Pour r&#233;ussir, leurs actions doivent b&#233;n&#233;ficier d'un certain effet de surprise, afin de ne pas &#234;tre d&#233;jou&#233;es, par anticipation, par ceux qui sauraient prendre ces nouvelles mesures &#224; contre-pied en vue d'un gain personnel.


            Les autorit&#233;s s'expliquent donc le moins possible quant &#224; leurs prochaines initiatives, et quand elles le font - pour calmer les inqui&#233;tudes - leurs explications sont formul&#233;es en termes &#224; ce point sibyllins qu'il est impossible de savoir - m&#234;me pour les experts - de quoi il retourne exactement. Mais &#224; d&#233;faut de contenu, on travaille la forme : les communiqu&#233;s respirent la confiance et r&#233;p&#232;tent avec affabilit&#233; que les dossiers sont entre les meilleures mains.

            La t&#226;che n'en est pas ais&#233;e pour autant, car ceux qui expliquent que tout va bient&#244;t rentrer dans l'ordre sont aussi ceux qui r&#233;p&#233;t&#232;rent aux premiers temps de la crise, et avec une sinc&#233;rit&#233; dont il serait difficile de douter aujourd'hui, qu'elle &#233;tait de faible ampleur et se terminerait incessamment sous peu.

            Le capital de confiance dont disposent les autorit&#233;s s'&#233;rode ainsi de jour en jour. Le public qui les &#233;coute est tiraill&#233; entre deux interpr&#233;tations possibles de leurs trop longs silences et de leurs demi-v&#233;rit&#233;s : incomp&#233;tence de leur part ou malveillance ? Les deux courants d'opinion se renforcent aujourd'hui, en Europe comme aux Etats-Unis et peut-&#234;tre m&#234;me en Asie.

            Incomp&#233;tence pour n'avoir rien vu venir, pour avoir ensuite sous-estim&#233; la crise dans ses premi&#232;res manifestations et, pour s'abstenir aujourd'hui de prendre les mesures radicales dont nul ne doute plus qu'elles doivent &#234;tre mises en oeuvre. Ou encore malveillance : tant d'incomp&#233;tence d&#233;passerait l'entendement, affirment certains. Nos dirigeants et ceux qui les ont port&#233;s au pouvoir savent pertinemment, pensent-ils, o&#249; ils veulent en venir, &#224; savoir, asseoir davantage leur pouvoir.

            La situation des autorit&#233;s est d&#232;s lors intenable : ceux qui leur pr&#234;tent une certaine bonne volont&#233; sont oblig&#233;s de lire dans l'aggravation de la crise les signes grandissants de leur incomp&#233;tence, quand ceux qui se m&#233;fiaient d'eux d'embl&#233;e voient se multiplier les signes r&#233;v&#233;lateurs des tr&#232;s noirs desseins suppos&#233;s.

            L'&#233;conomiste am&#233;ricain Nouriel Roubini expliquait le 21 f&#233;vrier dans un entretien au Wall Street Journal qu'il faudrait encore attendre six mois avant que les autorit&#233;s am&#233;ricaines ne finalisent la nationalisation du secteur bancaire. Si la mesure est indispensable, pourquoi ne pas l'appliquer d&#232;s aujourd'hui, l'interrogeait alors son interlocuteur ? Parce qu'il faudra six mois, r&#233;pondait M. Roubini, pour que plus personne n'ose pr&#233;tendre &#234;tre solvable - faisant allusion aux r&#233;cents propos qui se voulaient rassurants de Kenneth Lewis, le PDG de Bank of America.

            Il ne s'agit l&#224; que d'un exemple, mais six mois d'attentisme sont une &#233;ternit&#233; face &#224; la gravit&#233; de la crise actuelle. Si ceux qui nous dirigent consid&#232;rent que des mesures drastiques s'imposeront t&#244;t ou tard, il devient chaque jour plus imp&#233;ratif qu'ils cessent d'atermoyer : les circonstances att&#233;nuantes que leur accordent ceux qui les jugent simplement incomp&#233;tents ne suffiront plus &#224; les prot&#233;ger contre la col&#232;re de ceux qui les croient malveillants.

            Paul Jorion, universit&#233; de Californie, Los Angeles

            Comment


            • #7
              Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

              &#192; propos de dislocation g&#233;opolitique:

              http://fr.novopress.info/?p=15763

              http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12533

              Comment


              • #8
                Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                Franck Biancheri, LEAP/E2020 : « l'effondrement du Dollar est bien d'actualité »

                Publié par Jérôme Bouteiller le Lundi 2 Mars 2009 | envoyer | commenter
                Président du mouvement Newropeans (www.newropeans.eu) et directeur de recherche du Laboratoire Européen d'anticipation politique LEAP/E2020 (www.europe2020.org), Franck Biancheri fait partie des rares économistes ayant anticipé dès 2006 l'actuelle crise économique qu'il n'hésite pas à qualifier de crise « systémique ». A quelques semaines du sommet du G20, il livre son analyse d'une économie mondiale en pleine tourmente...

                JB -Franck Biancheri, bonjour. Vous avez été l'un des premiers à anticiper dès 2006 une "crise systémique" pour l'économie mondiale. La situation peut elle encore empirer ?



                FB -Oui, la situation peut encore empirer et en fait elle empire chaque jour un peu plus : chômage en forte hausse partout dans le monde, effondrement sans fin des banques, PNB en baisse partout, escalade effrayante des tentatives américaines de sauvetage de leur économie, ... . Chaque trimestre est actuellement comme l'anneau d'une spirale qui s'enfonce toujours plus profond. Pour LEAP/E2020, le prochain sommet du G20 à Londres le 2 Avril est la dernière chance d'éviter que la crise n'entre d'ici la fin 2009 dans sa 5° phase que nous avons appelée "phase de dislocation géopolitique mondiale", c'est-à-dire le moment où le système international craque complètement et où les grandes entités politiques (USA, Chine, Russie, UE) vont elles mêmes devoir faire face à des tensions internes croissantes.

                JB -Peut on faire un parallèle entre cette crise des crédits et des crises antérieures comme l'éclatement de la bulle internet ou la crise de 29 ?

                FB -Non. Nous faisons face aujourd'hui à ce que nous avons appelé dès Février 2006 une "crise systémique globale", c'est-à-dire, une crise que affecte les fondements même du système (tous les secteurs et tous les relais, et non pas un secteur particulier comme c'était le cas avec la bulle Internet par exemple) et une crise qui affecte simultanément toute la planète (et non pas comme en 1929 un espace atlantique Etats-Unis et Europe de l'Ouest encore peu intégré in fine). Elle est donc beaucoup plus grave que les crises précédentes. en fait, et nous le répétons depuis Février 2006, personne n'a encore jamais vu une telle crise car c'est bien la première fois dans l'Histoire que notre planète est aussi intégrée. Pour le meilleur ou pour le pire, nous allons être les témoins/victimes d'un évènement d'une ampleur sans précédent. S'il y a une faible analogie à faire, c'est sûrement avec l'effondrement du bloc communiste dans la seconde moitié des années 80. On a en effet assisté là à une crise systémique mais d'ampleur régionale.

                JB -Vous aviez annoncé l'effondrement du dollar dès la fin de l'année 2008. L'élection d'Obama aurait-elle changé la donne ?

                FB -Pour le dollar, l'impact de la crise en Septembre/Octobre a été plus brutal que prévu et notamment cela a généré des tendances contraires, mais provisoires. Nous estimons que l'effondrement du Dollar est bien d'actualité et certainement d'ici l'été 2009. Le récent budget d'Obama est d'ailleurs la dernière illustration de cette tendance : le déficit qui va en résulter est tout simplement délirant.. Les Chinois font leur shopping en Dollars actuellement, tant que cette monnaie à encore de la valeur (grâce à eux notamment). Une fois le shopping terminé, l'évolution sera brutale notamment pour ceux à qui ils refilent actuellement leurs Dollars.

                JB -Marques, logiciels, brevets, produits financiers... les économies occidentales reposent de plus en plus sur des actifs immatériels. Cette crise va t'elle mettre un terme à la "virtualisation" de l'économie ?

                FB -Nous pensons en effet que cette crise va remettre au premier plan la nécessité d'avoir un secteur agricole et un secteur industriel puissants. Le secteur des services financiers est sans aucun doute un mythe désormais révolu. Il ne se remettra pas (en tout cas à l'horizon d'une vingtaine d'années) de son effondrement actuel. Pour le reste, les innovations auront toujours de l'avenir; mais elles devront très certainement être des innovations qui ont un impact sur l'économie réelle et non pas seulement comme ce fut beaucoup le cas ces dernières décennies sur l'économie virtuelle.

                JB -Concrètement, quelles sont vos recommandations pour éviter le pire ?

                FB -Le premier conseil se résume à une idée très simple : le noeud de la crise actuelle se trouve dans la structure du système monétaire international hérité de l'après-1945. Le Dollar américain et l'économie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d'être les piliers de l'ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n'est pas abordé directement, puis traité, la crise s'approfondira. Il est donc vital que cette question soit l'objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers éléments de solution y soient lancés.

                La solution à ce problème est d'ailleurs bien connue : il s'agit de créer une devise de référence internationale (qu'on pourrait appeler le « Global ») fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète, à savoir le Dollar US, l'Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel, le Rouble, le Real, … . et de faire gérer cette devise par un « institut monétaire mondial », dont le Conseil d' Administration reflète les poids respectifs des monnaies composant le « Global ». Il faut demander au FMI et aux banques centrales concernées de préparer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1° Janvier 2010. C'est leur seul moyen de reprendre l'initiative sur le temps de déroulement de la crise.
Si une telle alternative au système actuel en plein effondrement n'a pas commencée à être préparée d'ici l'été 2009, démontrant qu'il existe une alternative au « chacun pour soi », le système monétaire international actuel ne passera pas l'été.

                
Si certains Etats du G20 pensent qu'il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu'aujourd'hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront toute aptitude à le faire. Pour un homme d'Etat, il ne doit y avoir aucune hésitation face à ce genre de choix.

                
Le second conseil est déjà largement évoqué dans les discussions préalables au Sommet de Londres. Il devrait être donc aisé de l'adopter. Il s'agit de mettre en place d'ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l'échelle mondiale qui supprime tout « trou noir ». Plusieurs options vous sont déjà proposées par les experts. Il faut que les dirigeants du G20 tranchent dès maintenant. C'est en tout cas le seul moyen de prévenir un nouvel endettement massif des établissements financiers comme celui qui a contribué à la crise actuelle; et de montrer aux opinions publiques qu'ils sont crédibles face aux banquiers.

                Le troisième conseil touche à nouveau une question très sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au coeur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en oeuvre tant que personne n'a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial.

                Pour terminer, nous nous permettons de rappeler que si les dirigeants du G20 veulent restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d'institutions publiques et privées. Ils doivent pour ce faire rédiger un communiqué qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois idées centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, il ne sera pas lu par le plus grand nombre et il ne pourra donc pas ressusciter la confiance condamnant la crise à s'aggraver."

                JB -Combien d'internautes fréquentent désormais votre site internet ? Vos recommandations sont elles également suivies en haut lieu ?

                FB -Notre site est fréquenté chaque mois désormais par environ 200 000 visiteurs uniques. Et nous estimons que nos communiqués mensuels publics sont traduits spontanément dans plus d'une cinquantaine de langues (au-delà de nos 4 langues de diffusion) et lus chaque mois par plus de dix millions de personne dans le monde entier. Parmi nos abonnés on compte dorénavant un grand nombre de gouvernements, les principales banques mondiales, plusieurs médias financiers internationaux, beaucoup de grandes sociétés, ... . Les mois à venir diront si nos recommandations sont suivies puisque dans notre dernier numéro du GlobalEurope Anticipation Bulletin nous avons émis des conseils très précis pour le G20 de Londres.

                JB -Franck Biancheri,je vous remercie.


                Pour aller plus loin
                02/03 Bercy confirme la récession, la bourse plonge
                21/01 Jean-Marie Messier : "Avec la crise, le ciel nous est tombé sur la tête"

                http://www.neteco.com/261308-franck-...actualite.html

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                • #9
                  Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                  En lien avec le souligné rouge de l'article précédent

                  La Chine s'inquiète de la fragilité de la dette américaine

                  Le premier ministre chinois met la pression sur les Etats-Unis. Wen Jiabao s'est déclaré inquiet au sujet des investissements de la Chine dans les bons du Trésor américain. Il a demandé des garanties sur la sécurité de ses actifs. Il faut dire que la Chine détient actuellement 696 milliards de dollars de dettes américaines, et est à ce titre le premier prêteur des Etats-Unis.

                  Le soutien de la Chine, qui a été l'un des seuls pays à augmenter ses achats de bons du Trésor américain en 2008 (+46%), est indispensable aux Etats-Unis. "Si la Chine arrête d'acheter [des bons du Trésor], où est-ce qu'Obama trouvera les fonds pour son plan de relance ?", s'interroge un professeur de l'université de Tokyo, cité par Bloomberg.

                  Le déficit budgétaire américain devrait atteindre 1.750 milliards de dollars cette année. Les Etats-Unis ont validé en février un plan de relance de l'économie de quelques 800 milliards. A cela s'ajoute les plans de soutiens au secteur financier.

                  Cette déclaration du premier ministre chinois pourrait bien être autant politique qu'économique. Elle intervient après que Barack Obama ait demandé hier à la Chine de reprendre les discussions avec le Dalaï-lama.

                  http://www.capital.fr/bourse/actuali...ricaine-363232

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                  • #10
                    Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                    En lien avec le soulign&#233; rouge du post #8

                    WASHINGTON vendredi13 mars 2009

                    Washington &#224; P&#233;kin: continuez &#224; nous pr&#234;ter, vous ne le regretterez pas!

                    AFP


                    WASHINGTON, 13 mars 2009 (AFP) Soyez tranquilles, votre argent est bien plac&#233;! Washington a voulu tr&#232;s vite rassurer P&#233;kin sur le sort des centaines de milliards de dollars pr&#234;t&#233;s par la Chine, qui permettent au gouvernement am&#233;ricain de financer un d&#233;ficit budg&#233;taire record.

                    "Il n'y a pas de placement plus s&#251;r dans le monde que d'investir aux Etats-Unis", a d&#233;clar&#233; vendredi le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs, lors d'une conf&#233;rence de presse.

                    Un peu plus t&#244;t, le conseiller &#233;conomique du pr&#233;sident Barack Obama, Lawrence Summers, avait tenu des propos similaires, assurant les Chinois ayant souscrit aux emprunts am&#233;ricains qu'ils n'avaient pas de souci &#224; se faire.
                    Le pr&#233;sident Obama "a pris un engagement clair: nous devons &#234;tre des gestionnaires avis&#233;s de l'argent que nous investissons", a dit M. Summers, en faisant r&#233;f&#233;rence aux sommes colossales inject&#233;es par les pouvoirs publics am&#233;ricains dans leur &#233;conomie pour relancer l'activit&#233;.

                    Les Etats-Unis n'ont laiss&#233; passer que quelques heures pour r&#233;pondre &#224; une sortie du Premier ministre chinois Wen Jiabao, qui a appel&#233; les Etats-Unis "&#224; respecter leur parole et leurs engagements et &#224; pr&#233;server la s&#233;curit&#233; des actifs chinois".


                    Parlant &#224; des journalistes &#224; P&#233;kin, M. Wen a d&#233;clar&#233; craindre pour les investissements de son pays aux Etats-Unis, devant le d&#233;rapage du d&#233;ficit budg&#233;taire am&#233;ricain.

                    "Nous avons pr&#234;t&#233; beaucoup d'argent aux Etats-Unis. Bien s&#251;r que nous sommes inquiets de la s&#233;curit&#233; de nos actifs", a-t-il dit.
                    Ces critiques chinoises suivaient de peu un regain de tension entre les deux grandes puissance, apr&#232;s un incident naval ayant oppos&#233; des b&#226;timents militaires des deux pays, dimanche, en mer de Chine m&#233;ridionale.

                    Pr&#233;voyant un d&#233;ficit abyssal de 1.752 milliards de dollars pour l'exercice budg&#233;taire 2008-2009 qui s'ach&#232;vera fin septembre, du fait des mesures exceptionnelles prises pour soutenir l'&#233;conomie am&#233;ricaine, la Maison Blanche peut difficilement se passer du soutien financier des Chinois.
                    Selon les chiffres officiels de Washington, la Chine est le premier pays d&#233;tenteur de titres du Tr&#233;sor am&#233;ricain: ses investisseurs publics ou priv&#233;s en poss&#233;daient pour 727,4 milliards de dollars fin d&#233;cembre.

                    Au moment o&#249; la Chine doit elle-m&#234;me prendre des mesures de relance pour son &#233;conomie, ce qui signifie moins d'argent chinois disponible pour les Etats-Unis, MM. Summers et Gibbs ont tenu &#224; montrer que le gouvernement am&#233;ricain comptait se comporter comme un bon p&#232;re de famille.

                    Les Etats-Unis doivent emprunter "&#224; une &#233;chelle extraordinaire" pour combler le manque de recettes li&#233; &#224; la r&#233;cession, mais "cela signifie que la dette ne pourra pas augmenter proportionnellement aux recettes" quand l'&#233;conomie cro&#238;tra de nouveau, a dit M. Summers.

                    Secr&#233;taire au Tr&#233;sor pendant la fin de la pr&#233;sidence de Bill Clinton (1993-2001), M. Summers a &#233;t&#233; l'un des artisans du retour des Etats-Unis aux exc&#233;dents budg&#233;taires &#224; cette &#233;poque.

                    Il a aussi redit l'engagement du gouvernement Obama &#224; "remettre les finances du pays sur une voie viable quand l'&#233;conomie aura renou&#233; avec la croissance".

                    Le projet de budget pr&#233;sent&#233; fin f&#233;vrier par la Maison Blanche comprend un engagement &#224; r&#233;duire le d&#233;ficit am&#233;ricain &#224; 3&#37; du produit int&#233;rieur brut en 2013, contre les 12,3% attendus pour l'exercice en cours.

                    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2c10...egretterez_pas

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                    • #11
                      Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                      Actualité Economie

                      L'épaisseur de la crise mondiale

                      Publié le 15/03/2009 07:40 par


                      Photo : Euros

                      Du jamais vu depuis l'après- guerre : alors que les perspectives de l'économie mondiale se dégradent chaque jour un peu plus, avec une poussée exponentielle du chômage et la précarisation de larges couches de populations dans de nombreux pays, l'épaisseur de la crise se décline avec effroi avec cette «troisième vague» meutrière qui menace les pays pauvres et à faible revenu, s'est alarmé le directeur général du Fonds monétaire international.

                      Dominique Strauss-Kahn a lancé un appel sous le sceau de l'urgence à la communauté internationale, pour qu'elle consacre davantage d'aide aux pays pauvres, directement menacés par une grave crise humanitaire, voire des risques insurrectionnels accrus. Cela à cause de la dégradation inquiétante de leurs faibles moyens de paiement extérieurs et la contraction à un niveau trop bas de leurs dépenses consacrées aux besoins prioritaires que sont la santé, l'éducation et les infrastructures vitales.

                      Au moins 25 milliards de dollars de prêts concessionnels urgents seront nécessaires, cette année, pour sauver de la banqueroute une vingtaine de pays directement menacés dans leur survie. Et ce sont surtout les pays les plus riches (et incidemment les plus touchés par la crise), qui sont pressement invités à se montrer les plus généreux en consacrant au moins un pour cent de leurs plans de relance au sauvetage des pays les plus vulnérables. Parce que l'enjeu est de taille : après avoir frappé d'abord les pays nantis puis les pays émergents, celle qui est présentée comme «la troisième vague» de la crise financière mondiale risque de réduire à néant les progrès considérables accomplis durant la dernière décennie par des pays à revenu intermédiaire et à faible revenu. «J'exhorte les bailleurs de fonds à se montrer à la hauteur de l'enjeu, en apportant les financements nécessaires pour préserver cet acquis obtenu au prix de tant d'efforts et empêcher une crise humanitaire majeure», a averti le patron du FMI. Un appel qui résonne comme un aveu d'impuissance, non seulement pour l'institution financière multilatérale, épinglée pour son incapacité à prévenir les crises systémiques majeures, mais aussi pour les pays les plus nantis dont la responsabilité est avérée dans le tsunami financier, économique et humanitaire qui frappe de plein fouet une centaine de pays, allant jusqu'à les menacer dans leur stabilité politique; et c'est manifestement là que se «niche» le plus grand danger dans un monde de plus en plus mouvant, selon les prévisions affolantes de plusieurs études menées dans le monde. En s'employant à mettre en place une riposte extraordinaire à ce qui est une crise extraordinaire, pour les pays les plus pauvres surtout, l'Institution de Bretton Woods se lance le défi de mobiliser des prêts concessionnels de 25 milliards de dollars durant l'année 2009. Trop peu selon les scénarii les plus pessimistes, qui tablent sur une dégradation encore plus grave de l'économie mondiale avec un effet domino dévastateur sur les pays à faible revenu.

                      Avec tous les clignotants qui passent au rouge, en cas de stagnation de la croissance mondiale d'ici à l'horizon 2012, les besoins en financement des pays les plus vulnérables pourraient prendre l'ascenseur pour dépasser la barre des 140 milliards de dollars. Un «fonds de la vulnérabilité» comme d'aucuns l'ont appelé et qui ne peut être perçu que comme un moyen palliatif, avec peu d'effet, à court terme. Le pari, trop difficile à tenir, restant celui d'éviter, à cause de l'ampleur inédite de la crise, des déplacements migratoires massifs des populations durement touchées vers le nord avec tout ce que cela suppose comme retombées catasrophiques pour les pays concernés.

                      Des perspectives d'autant plus sombres pour la planète Terre que de nouvelles vagues de refugiés et de victimes de tous les conflits et crises menacent la stabilité du monde, à l'exemple de ceux qu'on appelle les «refugiés environnementaux» qui s'élèveraient à deux cents millions d'individus d'ici à l'horizon 2020.

                      El-Houari Dilmi

                      http://www.continentalnews.fr/actualite/economie,4/l-epaisseur-de-la-crise-mondiale,5995.html

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                      • #12
                        Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                        Paul Virilio : "Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence"

                        LE MONDE | 18.10.08 | 14h04 • Mis à jour le 27.02.09 | 20h15

                        En 2002, sous le titre "Ce qui arrive", vous avez présenté à la Fondation Cartier une exposition sur l'accident dans l'histoire contemporaine : Tchernobyl, 11-Septembre, tsunami... Une formule d'Hannah Arendt guidait votre démonstration : "Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille." Avec le krach boursier, y sommes-nous ?

                        Bien sûr. En 1979, au moment de l'accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, aux Etats-Unis, j'ai évoqué un "accident originel" - de ceux que nous fabriquons nous-mêmes. Je disais que nos prouesses techniques sont grosses de promesses catastrophiques. Auparavant, les accidents étaient locaux. Avec Tchernobyl, nous sommes passés à des accidents globaux, aux conséquences inscrites dans la durée. Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence. Ses effets se diffusent loin, et il intègre la représentation des autres accidents.

                        Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de la mort. Son mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne sont pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une économie politique de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne la lie pas au caractère accidentel de l'Histoire.

                        Donnons un seul exemple : on dit que le temps, c'est de l'argent. J'ajoute que la vitesse - la Bourse le prouve -, c'est le pouvoir. Nous sommes passés d'une accélération de l'Histoire à une accélération du réel. C'est cela, le progrès. Le progrès est un sacrifice consenti.
                        On n'étudie pas assez les accidents ?

                        L'historiographie dominante se limite à analyser les faits sur une longue durée. Je prône au contraire une Histoire accidentelle, faite uniquement de ruptures. L'historien François Hartog parle de "présentisme" dominant. Il faut aller plus loin. Nous vivons dans "l'instantanéisme".

                        Pour comprendre les accidents, il faut les étudier, mais aussi les exposer. L'accident est une invention, une oeuvre créative. Qui, mieux que les artistes, peut faire sentir la dimension tragique du progrès ? D'où l'exposition "Ce qui arrive" - j'y abordais le krach boursier -, qui préfigurait un musée ou un observatoire des accidents majeurs que j'appelle de mes voeux. Non pour faire peur, mais pour faire face.

                        Comment définir, au-delà de son aspect de surprise, l'accident boursier ?
                        Comme pour tout événement contemporain, il faut prendre en compte une série de synchronisations au niveau mondial. Synchronisation des coutumes, des moeurs, des façons de réagir, mais aussi des émotions. On est passés d'un communisme de classe à une mondialisation instantanée et simultanée des affects et des peurs - et non plus des opinions. C'était le cas avec les attentats du World Trade Center ou avec le tsunami. Pour la Bourse, c'est la même chose. Après une courte phase technique - faillite de banques, chute des cours -, on est passés à une période d'"hystérisation" exagérée des réactions. On parle de "folie des marchés", de réactions "irrationnelles", presque de fascination pour la fin du monde. Les terroristes ont très bien compris ce phénomène, et ils en jouent.
                        Croyez-vous, comme certains, que le capitalisme touche à sa fin ?

                        Je pense plutôt que c'est la fin qui touche le capitalisme. Je suis urbaniste. Le krach montre que la terre est trop petite pour le progrès, pour la vitesse de l'Histoire. D'où les accidents à répétition. Nous vivions dans la conviction que nous avions un passé et un futur. Or le passé ne passe pas, il est devenu monstrueux, au point que nous n'y faisons plus référence. Quant au futur, il est limité par la question écologique, la fin programmée des ressources naturelles, comme le pétrole. Il reste donc le présent à habiter. Mais l'écrivain Octavio Paz disait : "L'instant est inhabitable, comme le futur." Nous sommes en train de vivre cela, y compris les banquiers.

                        C'est ici et maintenant que cela se joue. Un nouveau relief se crée. Ce n'est pas triste la finitude, c'est la réalité. Il faut l'accepter. Ce krach nous apprend qu'il faut vivre dans sa grandeur propre, dans un monde achevé. Nous avons une obligation d'intelligence.

                        La finance n'a-t-elle pas inventé un monde virtuel ?

                        La vitesse faisant gagner de l'argent, la finance a voulu imposer la valeur-temps à la valeur-espace. Mais le virtuel fait aussi partie de la réalité. Et puis, ce soi-disant monde virtuel, dans lequel on peut englober les paradis fiscaux, c'est de l'exotisme, que j'assimile à du colonialisme, c'est le mythe d'une autre planète habitable.

                        A la différence d'autres accidents, le krach boursier reste hermétique à la majorité du public. Est-ce grave ?

                        On ne comprend pas, mais on devine et c'est suffisant. Il faut deviner ce qui arrive. Evidemment, l'incompréhension renforce la peur. Mais, en même temps, on n'a plus le temps d'avoir peur. Le plus inquiétant est l'apparition d'une dissuasion civile, individuelle, intime, qui nous gagne dans tous les domaines de la vie. Nous sommes dissuadés de faire telle ou telle chose comme individus. Depuis le 11-Septembre, nous sommes gagnés par une peur civile, à cause de l'industrialisation de l'accident. Pour vérifier la solidité des voitures, on effectue des crash-tests. Le krach boursier est un crash-test grandeur nature. Même le divorce s'industrialise. On pourrait introduire une cotation dans les divorces, avec pour risque de faire apparaître que le couple et la famille sont devenus des illusions.

                        Peut-on parler de morale du krach, au sens où il sanctionne aussi ceux qui gagnaient des fortunes ?

                        Je ne suis pas un justicier. Je comprends les critiques, qui disent que certains ont fait des profits indécents. Je ne nie pas les dégâts de l'accumulation de richesses. Mais critiquer cette accélération des profits et de l'Histoire, cette "avarice galopante", comme disait Eugène Sue, rester dans le cadre matérialiste du profit, c'est une analyse réductrice, insuffisante.<!--/tpl:contenu/element/ensemble/tpl-esi_sur_le_meme_sujet.html.php--><!--/lyt:lyt-vide.html.php--><!--/inc:/element/ensemble/afficher_esi/1118341.html--><!-- Fin Appel du composant: /element/ensemble/afficher_esi/1118341.html --><!-- Appel du composant: /element/ensemble/afficher_esi/1108806.html sur ensemble_id:'1108806' --><!-- Fin Appel du composant: /element/ensemble/afficher_esi/1108806.html -->


                        <SCRIPT type=text/javascript>init_boite_meme_sujet = function(){if ( "undefined" != typeof MIA && "undefined" != typeof MIA.Ensemble && ("undefined" == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) ){ var ensemble_id_defaut = 1118341; var hash_url = window.location.hash; var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/; var ensemble_id_url = hash_url.replace(re, "$2"); if ( ensemble_id_url && ensemble_id_url != hash_url ) MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url else if ( ensemble_id_defaut ) MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_defaut if ( "" != "A LIRE AUSSI" ) { MIA.Ensemble.titreBoite = "A LIRE AUSSI"; } MIA.Ensemble.initEventLoaded = true; MIA.Ensemble.formaliseBoiteMemeSujet();}}if ( (pave=document.getElementById('pave_meme_sujet_hid den')) ) pave.style.display = 'none';if(window.addEventListener ) window.addEventListener('load', init_boite_meme_sujet, false);else window.attachEvent('onload', init_boite_meme_sujet);</SCRIPT>Ce qui se joue est bien plus sophistiqué et grave. Nous sommes passés dans quelque chose d'une autre nature. Cette économie de la richesse est devenue une économie de la vitesse. C'est du reste le problème de la gauche. Ils appliquent leurs vieux schémas, proclament la mort du capitalisme, en attendent plus de justice sociale. Ce diagnostic est un peu hâtif. On a tout de même un gros bébé sur les bras... Si l'Etat ne prend pas la mesure de ce futurisme de l'instant, on pourrait au contraire voir arriver un capitalisme sans limites.

                        Vous avez dit qu'"Airbus, en inventant un avion de 800 places, crée 800 morts potentiels". Mais le krach boursier n'a pas fait de morts...

                        Ce n'est pas la peste, il n'y a pas des millions de victimes, ce n'est pas non plus le 11-Septembre. Ce n'est pas la mortalité qui compte ici, hors quelques suicides. Les victimes sont ailleurs. D'où est partie la crise actuelle ? Des subprimes, des maisons à acheter à crédit dans des conditions impossibles. Du sol. Les victimes, ce sont les centaines de milliers de personnes qui perdent leur logement. La notion de sédentarité est déjà remise en cause, avec les immigrés, déportés, réfugiés, les délocalisations d'entreprises, etc. Le phénomène va s'accentuer. Un milliard de personnes vont être contraintes de bouger de lieu de vie d'ici à 2040. Voilà les victimes. Nous sommes dans la notion du stop/eject. On arrête, et on éjecte.

                        Vous croyez au chaos ?

                        Après avoir déstabilisé le système financier, le krach risque de déstabiliser l'Etat, dernier garant d'une vie collective. Il essaie en ce moment de rassurer. Mais si la Bourse continue de baisser, c'est l'Etat qui sera à son tour en faillite, et va plonger les nations dans le chaos. Ce n'est pas du catastrophisme de ma part. Je ne crois pas au pire, je ne crois pas au chaos, c'est absurde, c'est de l'arrogance intellectuelle, mais il ne faut pas s'empêcher d'y penser. Face à la peur absolue, j'oppose l'espérance absolue. Churchill disait que l'optimiste est quelqu'un qui voit une chance derrière chaque calamité.

                        http://www.lemonde.fr/opinions/artic...ens_id=1108806

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                        • #13
                          Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                          Monnaie de réserve/Panier de devises et non plus le dollar - Onu

                          mercredi 18 mars 2009 11h50




                          <SCRIPT>var csvSymbolIds = "";var quoteLink = "";</SCRIPT>LUXEMBOURG, 18 mars (Reuters) - Un comité d'experts des Nations unies recommandera la semaine prochaine d'écarter le dollar en tant que monnaie de réserve pour lui préférer un panier de devises, a dit l'un des experts mercredi.

                          Avinash Persaud, président du consultant Intelligence Capital et ancien responsable des changes chez JPMorgan, explique que la proposition vise à recréer quelque chose qui ressemble à l'écu, l'ancienne monnaie européenne.

                          "C'est le bon moment pour évoluer vers une monnaie de réserve partagée", a-t-il dit, à l'occasion du Reuters Funds Summit à Luxembourg.
                          La proposition, parmi d'autres, sera soumise à l'Onu le 25 mars par la Commission d'Experts des Nations unies sur la réforme financière internationale.


                          (Jeremy Gaunt, version française Wilfrid Exbrayat)

                          http://fr.reuters.com/article/frEuro...45042520090318

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                          • #14
                            Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                            <TABLE cellSpacing=0 cellPadding=0 width=1000 border=0><TBODY><TR><TD vAlign=top align=left><TABLE cellSpacing=0 cellPadding=0 width=470 border=0><TBODY><TR><TD vAlign=top align=left>En lien avec les soulign&#233;s rouge du post # 8

                            CHINE • P&#233;kin fait son march&#233; autour du monde

                            </TD></TR><TR><TD height=10></TD></TR><TR><TD class=titre2>Gr&#226;ce &#224; leurs abondantes liquidit&#233;s, les entreprises chinoises multiplient les achats &#224; l'&#233;tranger. Aucun secteur n'&#233;chappe &#224; l'app&#233;tit des investisseurs venus d'Extr&#234;me-Orient.</TD></TR><TR><TD height=20></TD></TR><TR><TD class=texte1 vAlign=top align=left><TABLE cellSpacing=0 cellPadding=0 align=left border=0 valign="top"><TBODY><TR><TD vAlign=top align=left></TD><TD width=5></TD></TR><TR><TD height=5></TD><TD width=5></TD></TR><TR><TD vAlign=top align=middle><TABLE cellSpacing=0 cellPadding=0 width=140 border=0><TBODY><TR><TD class=texte vAlign=top align=middle>Tom Albanese, le directeur de Rio Tinto, et Xiao Yaqing, le pr&#233;sident de Chinalco signent un accord, Londres, 12 f&#233;vrier 2009
                            DR
                            </TD></TR></TBODY></TABLE></TD><TD width=5></TD></TR><TR><TD height=5></TD><TD width=5></TD></TR></TBODY></TABLE>Au mois de f&#233;vrier, les entreprises chinoises se sont livr&#233;es &#224; une d&#233;bauche d'achats. Que ce soit en Iran, au Br&#233;sil, en Russie, au Venezuela, en Australie ou en France, elles ont fait main basse sur des dizaines de milliards de dollars d'actifs, qu'elles ont pu se procurer &#224; prix r&#233;duits en raison de la crise financi&#232;re. Ces op&#233;rations ont permis &#224; la Chine de s'assurer des r&#233;serves de p&#233;trole, de minerais, de m&#233;taux et d'autres ressources naturelles strat&#233;giques dont elle a besoin pour continuer &#224; alimenter sa croissance. L'ampleur m&#234;me des contrats perturbe les march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et attise les craintes sur la disponibilit&#233; future de ces ressources et leur prix dans des pays comme les Etats-Unis.

                            Il y a encore quelques mois, de nombreux Etats accueillaient avec suspicion ces offres venant de Chine. Mais, &#224; pr&#233;sent que les entreprises et les banques h&#233;sitent &#224; fournir de l'argent &#224; des entreprises en difficult&#233; ou qu'elles n'en ont plus les moyens, la Chine, qui dispose d'abondantes liquidit&#233;s, est devenue une nouvelle locomotive du pr&#234;t et de l'investissement. Le 12 f&#233;vrier, le g&#233;ant chinois de l'aluminium Chinalco a sign&#233; avec le groupe australien Rio Tinto un contrat de 19,5 milliards de dollars [14,4 milliards d'euros] qui doublera sa participation dans la deuxi&#232;me entreprise mini&#232;re du monde. Les 17 et 18 f&#233;vrier, China National Petroleum, la principale entreprise gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re, a sign&#233; avec la Russie et le Venezuela deux accords distincts, en vertu desquels la Chine s'engage &#224; fournir respectivement des pr&#234;ts de 25 et 4 milliards de dollars en contrepartie de livraisons de p&#233;trole &#224; long terme. Enfin, la China Development Bank a sign&#233;, le 19 f&#233;vrier, un contrat similaire avec Petrobras, la compagnie p&#233;troli&#232;re br&#233;silienne, &#224; qui elle a consenti un pr&#234;t de 10 milliards de dollars en &#233;change de p&#233;trole.

                            Malgr&#233; le net ralentissement des flux financiers mondiaux, la Chine a consid&#233;rablement accru ses investissements &#224; l'&#233;tranger. En 2008, ses op&#233;rations de fusion-acquisition &#224; l'international ont repr&#233;sent&#233; 52,1 milliards de dollars. En janvier et f&#233;vrier 2009, les entreprises chinoises ont d&#233;j&#224; investi 16,3 milliards de dollars &#224; l'&#233;tranger. A ce rythme, le chiffre de 2009 pourrait repr&#233;senter le double de celui de l'ann&#233;e derni&#232;re. Les m&#233;dias officiels chinois pr&#233;sentent cette fr&#233;n&#233;sie d'achats comme un ph&#233;nom&#232;ne ne se produisant qu'une fois par si&#232;cle, et certains analystes dressent un parall&#232;le avec le Japon des ann&#233;es 1980. "Que la Chine ait commenc&#233; &#224; investir ou &#224; acqu&#233;rir des entreprises de ressources mini&#232;res &#224; l'&#233;tranger &#224; des prix relativement bas pendant la crise &#233;conomique mondiale est parfaitement normal. Le Japon en a fait autant pendant les ann&#233;es de sa bulle &#233;conomique", remarque Xu Xiangchun, directeur de Mysteel.com, une soci&#233;t&#233; de recherche et d'&#233;tudes.

                            Les entreprises chinoises ne sont pas les seules &#224; profiter de la crise &#233;conomique pour venir en aide &#224; d'autres tout en y trouvant leur compte. Le gouvernement chinois s'est lui aussi port&#233; au secours de pays en difficult&#233;, tels que la Jama&#239;que et le Pakistan, dont il veut se faire des alli&#233;s, en leur consentant des pr&#234;ts bonifi&#233;s. Les consommateurs chinois d&#233;pensent &#233;galement leur argent &#224; l'&#233;tranger. Lors d'un voyage organis&#233; en f&#233;vrier par une agence immobili&#232;re, un groupe de 50 Chinois s'est rendu &#224; New York, Los Angeles et San Francisco pour acqu&#233;rir des immeubles &#224; des prix sacrifi&#233;s en raison de la crise immobili&#232;re. A la fin du m&#234;me mois, le minist&#232;re du Commerce chinois a mis sur pied une exp&#233;dition similaire mais en invitant, cette fois, des soci&#233;t&#233;s. Le ministre, Chen Deming, a accompagn&#233; 90 chefs d'entreprise. Ces derniers ont sign&#233; pour 10 milliards de dollars de contrats en Allemagne, 400 000 dollars en Suisse, 320 millions en Espagne et 2 milliards en Grande-Bretagne. La plupart des transactions portaient sur l'acquisition de biens de consommation, parmi lesquels de l'huile d'olive, 3 000 Jaguar et 10 000 Land Rover. Le minist&#232;re du Commerce a annonc&#233; son intention d'organiser d'autres missions d'investissement &#224; l'&#233;tranger dans le courant de l'ann&#233;e et il est probable que les itin&#233;raires incluront les Etats-Unis, le Japon et l'Asie du Sud-Est.

                            Les prochaines cibles pourraient &#234;tre des constructeurs automobiles &#233;trangers. Le 23 f&#233;vrier, Weichai Power, un fabricant de moteurs Diesel, a annonc&#233; sa d&#233;cision de racheter pour 3,8 millions de dollars les produits, la technologie et la marque de l'entreprise fran&#231;aise Moteurs Baudoin, qui con&#231;oit et fabrique des &#233;quipements de propulsion marine. Il s'agissait d'un contrat relativement modeste, mais Chen Bin, le directeur g&#233;n&#233;ral du d&#233;partement industriel de la Commission nationale pour le d&#233;veloppement et la r&#233;forme, a laiss&#233; entendre que des acquisitions plus importantes &#233;taient en pr&#233;paration. Dans les coulisses d'une conf&#233;rence de presse sur l'&#233;conomie donn&#233;e en f&#233;vrier, il a rappel&#233; que les constructeurs automobiles &#233;trangers avaient des probl&#232;mes de tr&#233;sorerie tandis que leurs homologues chinois avaient "besoin de leur technologie, de leurs marques, de leur talent et de leurs r&#233;seaux de vente. Mais les entreprises chinoises auront des difficult&#233;s &#224; stabiliser les activit&#233;s de constructeurs &#233;trangers et maintenir leur croissance", a reconnu Chen Bin, avant d'ajouter que, si les soci&#233;t&#233;s chinoises &#233;taient partantes, "le gouvernement les soutiendra[it]".


                            </TD></TR><TR><TD height=20></TD></TR><TR><TD class=texte1 vAlign=top align=right>Ariana Eunjung Cha
                            The Washington Post
                            </TD></TR><TR><TD height=10></TD></TR><TR><TD class=texte vAlign=top align=middle><SCRIPT language=JavaScript>OAS_AD('Left1');</SCRIPT><SCRIPT type=text/javascript><!--google_ad_client = "pub-8314745491663808";google_ad_width = 336;google_ad_height = 280;google_ad_format = "336x280_as";google_ad_type = "text";google_ad_channel ="1278479606";google_color_border = "E2001A";google_color_bg = "FFFFFF";google_color_link = "808080";google_color_text = "000000";google_color_url = "E2001A";//--></SCRIPT><SCRIPT src="http://pagead2.googlesyndication.com/pagead/show_ads.js" type=text/javascript></SCRIPT><SCRIPT src="http://pagead2.googlesyndication.com/pagead/expansion_embed.js"></SCRIPT><SCRIPT src="http://googleads.g.doubleclick.net/pagead/test_domain.js"></SCRIPT><SCRIPT src="http://pagead2.googlesyndication.com/pagead/render_ads.js"></SCRIPT><SCRIPT>window.google_render_ad();</SCRIPT> </TD></TR></TBODY></TABLE>http://www.courrierinternational.com...p?obj_id=95836</TD><TD width=20></TD></TR></TBODY></TABLE>
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                            • #15
                              Re: Après la crise financière, la guerre civile ?

                              L'attitude des élites dans la crise économique torpille le contrat social

                              21 Mars 2009 Par Materneau Chrispin

                              La crise financière, malgré l'optimisme forcé que veulent afficher les élites politiques et économiques, ne cesse de s'approfondir. Les chiffres croissants du chômage plongent les décideurs politiques dans le désarroi et suscitent des inquiétudes grandissantes par rapport à la montée de la grogne sociale. Cela d'autant plus que ces décideurs politiques, ne pouvant anticiper les prochaines étapes de la crise, semblent confinés dans une posture réactive qui donnent l'impression qu'ils ne savent pas comment y faire face.

                              Alors que ces derniers tentent, sans grand succès jusqu'à présent, de faire repartir la machine économique tout en essayant d'apaiser les craintes de leurs populations par un contrôle de la communication politique et économique sur la crise, d'autres semblent s'acharner à provoquer le mécontentement populaire par toute une série d'actions marquées du sceau de l'inconscience ou de l'immoralité. C'est le cas, par exemple, de l'annonce par Total de la suppression de postes d'emploi tout de suite après avoir annoncé, à grand renfort de communication, des bénéfices records et une distribution de dividendes à ses actionnaires. Le scandale des 165 millions de dollars US de bonus payés par AIG à certains de ses cadres, qui provoque un tollé aux USA tant dans la population générale qu'au niveau des responsables politiques, est une autre illustration de ces comportements qui jettent avec une désinvolture inouïe de l'huile sur le feu du mécontentement des couches populaires. D'autant plus qu'elles les premières à subir les dures conséquences d'une crise dont elles ne sont en rien responsables.

                              Sans vouloir aller jusqu'à appuyer l'analyse de certains qui prédisent un déchainement de la violence et le chaos en raison de cette crise économique, il faut quand même souligner que celle-ci n'est pas sans effet sur le contrat social sur lequel repose le fonctionnement des sociétés démocratiques. S'il peut être décliné en plusieurs principes ou règles, dans son essence, ce contrat social repose sur un fondement majeur et premier. Il s'agit d'un consensus tacite, non écrit ou formulé dans des textes juridiques, par lequel les populations acceptent de s'en remettre à leurs élites pour gouverner la Cité et ces dernières s'engagent à trouver, proposer et mettre en place des solutions, allant dans le sens de l'intérêt collectif, devant faciliter ou améliorer les conditions de vie de ces dernières.

                              Un tel contrat social suppose deux prémisses. D'une part, les gouvernés reconnaissent aux élites la capacité intellectuelle, technique et une légitimité, conférée par les urnes, pour mener à bien la barque nationale. Donc de trouver des solutions permettant au pays de surmonter les défis internes et externes auxquels il est confronté. D'autre part, en revanche, les élites s'engagent à œuvrer dans ce sens, avec une obligation de résultat qu'elles assument. Ce pacte tacite est cimenté par l'idée fondamentale d'une communauté de destin entre les deux, laquelle trouve son expression concrète dans celle de la solidarité sociale.

                              Ce pacte fondamental est gravement miné et mis à mal par le comportement des différentes élites dans la présente crise. En effet, les élites politiques montrent une incapacité criante et alarmante à adopter des mesures efficaces contre la crise. Cette incapacité est d'autant plus intolérable qu'elle prolonge celle de ne pas avoir vu venir la crise et ainsi la prévenir. On en vient à se demander si elles sont à la hauteur des engagements que suppose le contrat social. A ce constat d'incompétence s'ajoute le soupçon que des mesures adéquates et radicales, susceptibles de juguler la crise, ne sont pas prises parce que les politiques se couchent devant les élites économiques ou sont de connivence avec elles. Les paroles grandiloquentes de certains dirigeants quant à la fin du capitalisme immoral qui sont restées non suivies d'actions concrètes ne peuvent que renforcer ce soupçon, en l'alimentant.

                              Quant aux élites économiques, elles ont donné toute la mesure de leur aveuglément par la recherche effrénée et irrationnelle du profit. Essentiellement responsables de cette crise mondiale, elles ont perdu toute crédibilité et leur cote est au plus bas. Le coup terrible que leurs inconséquences portent au contrat social ne vient pas tant du fait qu'elles se seraient fourvoyées dans une certaine logique économique, mais plutôt et surtout de leur obstination à s'accrocher aux privilèges indus qu'elles se sont octroyés.

                              Cette attitude d'une bonne partie des élites économiques n'est pas qu'immorale, comme on le dénonce régulièrement et à juste titre, elle est aussi profondément attentatoire à l'idée de solidarité sociale. Ainsi, dégageant des bénéfices et payant de juteuses dividendes malgré la crise, les entreprises et leurs principaux gros actionnaires ne montrent aucune vraie propension à consentir des sacrifices pour diminuer l'impact de la crise qu'elles ont fomenté sur les couches les plus fragilisées de la société à cause de cette même crise. Cette indifférence ne pourra avoir comme effet négatif à long terme que de creuser le fossé d'incompréhension et de ressentiment entre les couches populaires et elles-mêmes.

                              Quant aux élites intellectuelles qui devraient former, guider, montrer le chemin et surtout être critique par rapport au système, elles se sont laissées aller à la fascination devant les miroitements du système. Au lieu de tirer la sonnette d'alarme contre les dérives, elles en sont arrivées à les célébrer, les justifier et de ce fait les légitimer. Pour n'avoir pas su garder ses distances, elles ont été aspirées dans l'emballement de la mécanique du système. Elles en sont venues à donner l'image d'être son organe de légitimation. Elles y ont laissé leur crédibilité et leur parole est devenue suspecte.

                              Cet échec des différentes élites les remet en cause aux yeux des couches populaires. C'est là une fracture dangereuse dans le contrat social. Si elles ne se ressaisissent pas vite, on peut craindre que les masses populaires ne s'abandonnent à d'autres voix. D'autres voies. Ce serait un scénario grave de conséquences pour la démocratie.

                              http://www.mediapart.fr/club/blog/ma...pille-le-contr

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