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Cinq ans après Lehman, on cherche toujours la prospérité - Stiglitz

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    CHRONIQUES
    de Joseph E. Stiglitz

    Cinq ans après Lehman, on cherche toujours la prospérité

    Par Joseph Stiglitz | 17/10 | 06:00
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    Avec 27 millions d'Européens au chômage et 22 millions d'Américains sans emploi à temps complet, le discours ambiant sur la sortie de crise est presque indécent. Et les risques d'un nouveau choc sont toujours là.


    En 2008, lorsque la banque d'investissement Lehman Brothers a fait faillite, déclenchant la pire crise financière mondiale depuis la Grande Dépression, les causes en étaient évidentes aux yeux de la majorité des observateurs. Un système financier démesuré et dysfonctionnel, ayant mal réparti le capital et, plutôt que de gérer les risques, les ayant engendrés. La déréglementation financière et l'argent facile avaient suscité des prises de risque inconsidérées. La politique monétaire à elle seule allait se révéler insuffisante pour relancer l'économie, même si l'argent de plus en plus facile a permis d'éviter l'effondrement complet du système financier. Aussi a-t-il fallu s'appuyer davantage sur la politique budgétaire en passant par une hausse des dépenses publiques.

    Cinq ans plus tard, si certains en Europe et aux Etats-Unis se félicitent d'avoir évité une dépression, personne ne peut prétendre que la prospérité est de retour. L'Union européenne émerge seulement d'une récession à double creux (un triple creux pour certains pays) et certains membres sont encore en dépression. Le PIB de beaucoup de pays de l'UE reste encore inférieur ou à peine supérieur à ce qu'il était avant la dépression. Près de 27 millions d'Européens sont au chômage.

    Aux Etats-Unis, 22 millions d'Américains sont en quête d'un emploi à temps complet. Il faut remonter à l'époque où les femmes ont commencé à travailler pour retrouver un tel niveau de chômage. Le revenu et le patrimoine de la plupart des Américains sont inférieurs à ce qu'ils étaient bien avant la crise. Le salaire moyen des travailleurs est plus bas qu'il ne l'a jamais été depuis quarante ans.

    Bien sûr, nous avons fait quelques petites choses pour améliorer les marchés financiers. Mais elles sont bien inférieures à ce qui serait nécessaire. Certains des produits dérivés à risque (des armes financières de destruction massive) ont été mis sur les marchés, ce qui a augmenté leur transparence et diminué le risque systémique ; mais de gros volumes continuent à se négocier de gré à gré, dans l'opacité. Autrement dit, nous ne savons pas grand-chose de l'exposition aux risques de nos plus grandes institutions financières.

    /.../

    http://www.lesechos.fr/opinions/chro...ite-618529.php
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